Actualités
République Centrafricaine : Aide d’urgence aux populations victimes de la LRA dans le Sud Est
Les violences perpétrées depuis mi 2009 dans le sud-est du pays par la LRA (Lord Resistance Army), rébellion ougandaise dirigée par Joseph Kony et entrée en RCA via la République Démocratique du Congo voisine, ont provoqué d’importants déplacements de population. Ainsi les villes de Rafaï, Agoumar et Dembia ont accueilli, suite aux attaques directes et à la psychose liée à la présence de la LRA dans la zone, près de 6000 personnes issues de 35 villages qui s’y sont installées pour y trouver refuge.
Tant les familles hôtes que les déplacés, ont perdu l’accès à leurs champs en restreignant leurs déplacements. Ainsi, la récolte vivrière de 2010 n’a pas pu être réalisée. Cette perte de production a eu un impact immédiat sur la sécurité alimentaire des familles mais également à plus long terme puisque les familles ne disposaient plus de semences pour la saison agricole 2011.
Première Urgence – Aide Médicale Internationale est présente dans cette zone depuis le premier trimestre 2011. Elle est actuellement l’unique acteur en sécurité alimentaire dans les villes de Rafaï, Agoumar et Dembia, en dehors du Comité International de la Croix Rouge qui réalise les distributions de vivres.
Ne pas créer une dépendance à l’aide
Sur ces sites faisant l’objet d’une aide d’urgence, 2661 famille, dont 1491 sont déplacées, restent confinées à proximité des zones d’habitation par crainte des exactions et des enlèvements. Les derniers incidents durant le mois de mai dernier renforcent ce sentiment d’insécurité. Pour autant, ces populations qui ont perdu leurs moyens de subsistance, aspirent à les recouvrer et non à dépendre de distributions prolongées de vivres.
Malgré de fortes contraintes sécuritaires et logistiques pour accéder à la zone, les équipes de Première Urgence – Aide Médicale Internationale, grâce au soutien de la DG-ECHO, UNICEF et de la FAO, ont pu distribuer des semences et outils à toutes ces familles résidentes et déplacées le long de la frontière congolaise.
Des semences de cultures locales dont le riz, l’arachide ou le gombo ont été distribuées en avril. La préparation des parcelles sur des défriches forestières fut réalisée en avril et en mai grâce aux outils distribués au préalable. Un important travail de facilitation pour l’accès à une parcelle agricole a été conduit par les équipes, en coordination avec les autorités locales et les représentants des déplacés. Les semis ont eu lieu en mai à l’arrivée des pluies et les récoltes débutent en ce moment en juillet.
Cet appui permet ainsi à l’ensemble des familles de retrouver leur capacité de production agricole et donc de couvrir par elles mêmes leurs besoins alimentaires sans dépendre complètement de l’aide alimentaire.
Des bâches ont été distribuées aux familles déplacées pour étanchéifier leur abri pendant la saison des pluies.
Entre réponses d’urgence et aide à long terme
Les récoltes en cours ne permettront toutefois pas la suffisance alimentaire jusqu’à la saison agricole suivante. Etant donné la petite taille des parcelles cultivables, il faut augmenter le nombre de récoltes pour assurer une autonomie alimentaire continue. Pour y parvenir les équipes de PU-AMI préparent d’une part un appui à la production maraîchère durant la saison sèche, d’autre part le renforcement des capacités de production des produits agroalimentaires traditionnels à base de manioc, arachide et riz. En 2012, des semences des principales espèces cultivées localement seront à nouveau distribuées aux familles paysannes afin de poursuivre la restauration des stocks semenciers.
Par ailleurs, la saison des pluies actuelle pousse les équipes de PU-AMI à intervenir d’urgence pour prévenir la dégradation des conditions d’habitat et de santé des familles déplacées. Des bâches pour protéger les abris, des moustiquaires pour limiter le risque de malaria et des articles de première nécessité (jerrycan pour le transport et le stockage de l’eau, savons) sont en cours de distribution.
Ces interventions doivent se compléter par un appui aux personnes retournées dans leur village d’origine dès que la sécurité le permettra. Dans ce cadre, Première Urgence – Aide Médicale Internationale prévoit, via un soutien aux artisans locaux, d’aider à reconstruire les habitations dont l’abandon a causé la dégradation.
Pour découvrir l’ensemble de nos activités en République Centrafricaine http://www.amifrance.org/-Republiqu… et http://premiere-urgence.org/index.p…
Consulter cet article seulRépublique Centrafricaine : Programme AMI à Ndélé, un impact positif réel sur la qualité de vie de la population
Les projets menés par Aide Médicale Internationale dans la province de Bamingui Bangoran, financés par le Fonds de réponse aux urgences (ERF – Emergency Response Fund), ont fait l’objet, du 21 au 24 août dernier, d’une évaluation. Dans cette province isolée de République Centrafricaine, nos équipes travaillent à renforcer les capacités en matière de soins de santé primaire et de soins maternels et infantiles, et assurent notamment un soutien à l’hôpital de Ndélé et à treize postes et deux centres de santé.
L’équipe d’évaluateurs, composée de représentants de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de Merlin (ONG anglaise opérant dans le domaine de la santé) et de l’ambassade des États-Unis à Bangui, s’est rendue à Ndélé, à Kotissako et Bamingui, et a étudié les projets mis en œuvre par AMI. Les rencontres qui ont été organisées durant cette évaluation, tout comme les visites qui se sont déroulées auprès de plusieurs structures sanitaires bénéficiaires du projet et les interviews avec des patients, ont permis aux évaluateurs de mesurer les résultats des projets financés par l’ERF.
À l’issue de cette évaluation, qui constituait une première, la mission a conclu à l’effectivité de l’impact positif des programmes sur la qualité de vie de la population. Constatant que le projet a été mis en œuvre conformément au plan de travail qui avait été prédéfini, la mission a observé que la couverture vaccinale et le nombre d’accouchements assistés par du personnel qualifié ont augmenté, et que le taux de fréquentation de l’hôpital de Ndélé a lui aussi connu une augmentation (ce dernier a été multiplié par 15 par rapport à 2007). De plus, les évaluateurs ont constaté que le pourcentage de femmes accédant aux consultations prénatales est en nette progression.
Le travail réalisé a permis à l’équipe d’évaluation de relever l’importance de la constitution de stocks de vaccins de base et d’antipaludéens, et l’a conduit à suggérer à AMI de se préparer à en assurer la disponibilité en cas de rupture des stocks ou de dysfonctionnement du circuit d’approvisionnement mis en place au niveau national.
Le satisfecit adressé aux équipes d’Aide Médicale Internationale constitue une reconnaissance forte du travail engagé, et un vif encouragement à poursuivre les activités menées pour permettre aux habitants de la préfecture de Bamingui Bangoran d’accéder, dans les meilleures conditions possibles, aux soins de santé primaire.
Plus d’informations sur la mission d’Aide Médicale Internationale en République Centrafricaine
Consulter cet article seulRépublique Centrafricaine : à M’brès, la clinique mobile d’Aide Médicale Internationale permet de porter secours aux victimes d’un accident de la route
L’équipe d’Aide Médicale Internationale a été mobilisée pour porter secours aux victimes d’un grave accident de la route survenu le 30 juillet entre Bangui et N’délé, sur la commune de M’brès. Un camion transportant des passagers et du matériel s’est renversé à Balatete Azene. La clinique mobile AMI est arrivée sur les lieux quelques minutes après l’accident. AMI a alors entrepris d’apporter les premiers soins et de transférer les blessés vers le CSR de Mbrès avec ses deux véhicules, et a sollicité deux véhicules supplémentaires intervenant dans la zone. Les soins aux victimes ont été assurés par l’équipe du centre de santé de Mbrès au sein duquel AMI assure son programme de soutien. Quinze des victimes de l’accident ont par la suite été transférées vers Bangui et Kaga Bandoro par les forces armées centrafricaines, pour que des soins complémentaires leur soient dispensés. Au 1er août, le bilan de cet accident s’élevait à 14 morts, 3 disparus et 29 blessés.
Cet accident est révélateur des dangers de la circulation routière en République Centrafricaine. En effet, les conditions de transport en commun dans ce pays ne répondent pas aux normes de sécurité internationales. Ces déplacements ne se font pas à bord de véhicules spécialement conçus pour cet usage (bus), mais sur des camions ou pick-up sur lesquels les passagers embarquent, sans système de sécurité, aux côtés de chargements de marchandises. Ainsi, à la dangerosité intrinsèque des accidents qui peuvent survenir, s’ajoutent les risques de compression des passagers par les véhicules et d’écrasement par les marchandises. Les malades devant rejoindre des centres de santé éloignés de leur domicile doivent eux aussi se résoudre, en raison du manque d’ambulance ou de l’impossibilité à y recourir, à emprunter ces moyens de transport inadaptés à leur situation.
Le récent accident survenu la semaine passée rappelle l’urgence qu’il y a à améliorer les conditions du transport de personnes en République Centrafricaine.
En savoir plus sur la mission d’Aide Médicale Internationale en République Centrafricaine. Consulter cet article seul
Français
English