Birmanie / Myanmar

MYANMAR - Périphérie de Yangon, État Shan



ÉLEMENTS CLEFS – 2010


Localisation
> Division de Yangon : Townships de Dala, Seikki Khanaungdho et Twantay.
> État Shan : Région autonome Wa (État Shan).

Bénéficiaires
> Division de Yangon : 265 000 personnes.
> Région Wa : 140 000 personnes.

Équipe A.M.I.
> 6 expatriés : un chef de mission, un coordinateur programme, un coordinateur administrateur et logistique, un référent médical VIH, un logisticien et un responsable du développement communautaire.
> Entre 150 et 170 : personnels locaux (personnels médicaux, administratifs et chargés de logistique.)

Financeurs EuropeAid, Three diseases Fund, UNFPA, WFP (PAM).


CONTEXTE D’INTERVENTION

Depuis son accès à l’indépendance en 1948, le Myanmar (Birmanie) a connu des nombreux conflits entre le groupe ethnique majoritaire (Bamar) et ses minorités qui composent le pays. Ignorées des autorités, certaines de ces minorités ne sont pas officiellement reconnues et sont privées des droits et des libertés fondamentales. Par ailleurs, les conflits des années 80 et 90 ont entraîné d’importants mouvements de populations sur le territoire birman et hors de ses frontières, ce qui a conduit à une situation d’extrême précarité du peuple birman.
Aujourd’hui, le niveau de vie au Myanmar figure parmi l’un des plus bas au monde. Minorités et déplacés peinent toujours à accéder aux services essentiels (éducation, santé) et souffrent d’un taux de mortalité plus élevé que le reste de la population. Femmes et enfants pâtissent tout particulièrement de cette situation. On remarque aussi que la prévalence du VIH/Sida est plus élevée au sein de certains groupes en raison, entre autres, d’un accès insuffisant à l’éducation, à l’information et aux soins. Aujourd’hui, l’épidémie du VIH constitue un risque sanitaire majeur dans le pays et la lutte contre la pandémie est une urgence reconnue par les autorités sanitaires.
La crise humanitaire de 2008 consécutive au passage du cyclone Nargis dans le sud du pays a plongé les populations des zones affectées dans une détresse d’autant plus importante. Cela a provoqué une nouvelle vague de déplacés qui a exacerbé la situation des communautés déjà vulnérables. Enfin, les élections du 7 novembre 2010, les premières depuis 20 ans, ont provoquées de vives contestations et des milliers de Birmans se sont réfugiés en Thaïlande pour fuir les combats opposant l’armée gouvernementale à des rebelles de l’ethnie karen dans l’est du pays.


HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION

La première mission d’A.M.I. en Birmanie date de 1983, lorsqu’une équipe composée de deux médecins et d’une infirmière se rend auprès des populations Karennis et créé un dispensaire où des infirmiers seront formés jusqu’en 1987. En 1986, un hôpital-école est fondé plus au sud, dans la région karen. L’année suivante, c’est auprès de l’ethnie Môn qu’est mis en place un dispensaire où des équipes assurent des consultations et forment des auxiliaires de santé jusqu’en 1993. Du début des années 90 à 1997, A.M.I. étend son action en soutenant un hôpital soignant des populations karens déplacées.
En 2001, une mission est ouverte dans le township de Dala (Division de Yangon) où vivent plus de 100 000 personnes. Un programme d’approvisionnement en eau et d’assainissement est mis en place. Parallèlement, des éducateurs santé issus des communautés assurent des séances d’information sur l’hygiène ou de prévention sur le VIH/Sida. La mission étend ensuite ses activités à d’autres territoires où vivent des populations particulièrement vulnérables : l’État Shan (en 2003) et le Rakhine (en 2004). En mai 2008, le cyclone Nargis frappe le delta de l’Irrawaddy : les équipes d’A.M.I., qui sont présentes dans les townships de Dala, Twantay, et Seikki, touchées par le désastre, viennent en aide aux populations. L’action d’urgence initialement mise en oeuvre évolue vers des projets de moyen terme dans ces zones dévastées.


ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS

Déployées sur deux zones d’intervention (townships de la Division de Yangon et État Shan), les équipes d’A.M.I. mettent en oeuvre des activités propres à chacune de ces zones, avec pour dénominateur commun le rétablissement de l’accès aux soins des populations autochtones.


- Division de Yangon (Dala, Seikki Khanaungdho et Twantay)
Dans les faubourgs de Yangon, le programme d’A.M.I. s’articule autour de la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles dont le VIH/Sida. Ce programme, bien qu’accessible à toute la population, est plus particulièrement orienté vers les groupes de personnes à risque : travailleurs du sexe et leurs clients, homosexuels, personnes ayant des conduites ou vivant des situations à risque comme les chauffeurs routiers, les employés portuaires, les travailleurs journaliers, les familles des personnes vivant avec le VIH/Sida. Le programme se décompose comme suit :
> une partie préventive : diffusion de l’information, sensibilisation, distribution de préservatifs, etc. effectuée par des éducateurs en santé birmans et des volontaires issus des groupes de personnes à risque,
> une partie clinique : dépistage volontaire et suivi médical des séropositifs comprenant mise sous ARV, traitements contre les maladies opportunistes et lutte contre les carences alimentaires.

Le programme s’étend également à la lutte contre la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH.

- Région Wa (État Shan)
Dans la région Wa, A.M.I. a pour objectif :
> d’assurer l’accès aux soins de santé primaires en veillant tout particulièrement à la santé materno-infantile : mise en place de cliniques mobiles, appui aux structures de santé fixes via notamment des approvisionnements en médicaments ; suivi des femmes enceintes et des nouveaux-nés ; vaccinations,
> de permettre l’accès à des soins de santé secondaires ou spécifiques en assurant les référencements vers des hôpitaux,
> de prévenir, traiter et assurer le suivi épidémiologique du paludisme,
> de renforcer les capacités du réseau de santé communautaire (formation et supervision du personnel) et d’organiser des sessions d’éducation à la santé.


PERSPECTIVES

Dans le cadre d’un consortium avec l’ONG Triangle Génération Humanitaire, un projet intégré (santé reproductive, eau et assainissement, relance d’activités économiques, etc.) sera mis en place à partir de janvier 2011 dans les townships de Dala et de Seikki Khanaungdho (Division de Yangon). Enfin, en plus des activités en cours, les équipes travaillent actuellement sur l’ouverture d’une nouvelle zone d’intervention.

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Posté le 11 novembre 2010