République Centrafricaine

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Préfectures de Bamingui-Bangoran et de Nana-Gribizi


ÉLEMENTS CLEFS – 2010


Localisation
> Trois bases : Bangui (coordination), Mbrés et N’délé.

Bénéficiaires
> 50 000 personnes (N’délé).
> 73 000 personnes (Mbrés).

Équipe A.M.I.
> 8 expatriés : un chef de mission, deux responsables de projet, deux référents médicaux, un coordinateur administratif et financier, un coordinateur logistique et sécurité, un coordinateur médical.
> 49 collaborateurs locaux (administrateurs, assistants en logistique, médecins, infirmiers superviseurs, sages-femmes, agents de développement communautaire, etc.).

Financeurs
> Unicef, Office de l’Aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO), EuropeAid, CHF (via le PNUD).


CONTEXTE D’INTERVENTION

Depuis plus d’une vingtaine d’années, la République centrafricaine (RCA) est confrontée à une profonde crise chronique. Après la violente guerre civile qui a embrasé le pays au début des années 2000, instabilité politique et insécurité demeurent. Il existe de nombreux foyers de tension très localisés. Au sud-est du pays, la population pâtit des violences perpétrées par l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA). Le nord-ouest est en proie aux velléités du groupe rebelle de la Convention des Patriotes pour la Justice et la Paix (CPJP) et subit également les contrecoups du conflit du Darfour. Au global, le UNHCR estime aujourd’hui à 155 430 les ressortissants centrafricains réfugiés, principalement au Cameroun et au Tchad, et les déplacés internes au pays.
À ces difficultés politiques et sécuritaires se conjuguent des problèmes socio-économiques structurels. La détérioration des principaux indicateurs économiques s’est traduite par la dégradation des conditions de vie de la population et une aggravation de la pauvreté. L’État centrafricain peine à payer régulièrement les salaires des agents publics et à assurer à la population l’accès aux services essentiels. La faiblesse du budget du ministère centrafricain de la Santé (1,8 million de dollars) explique ainsi le délabrement du système de santé, alors même que la grande majorité de la population se trouve dans l’incapacité de prendre en charge le coût des consultations et des médicaments.
Les indicateurs sanitaires sont alarmants : la République centrafricaine est classée 159ème (sur 169 pays) sur l’échelle de l’indice du développement humain des Nations unies publié en 2010. L’espérance de vie moyenne est de 47,7 ans. Les facteurs de détérioration de l’état de santé de la population centrafricaine résident dans ces carences du système sanitaire, mais aussi dans l’exposition forte au paludisme et au VIH/Sida. Cette pandémie frappe durement la RCA, qui pointe au 10e rang des pays du monde les plus infectés par le VIH/Sida.


HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION

Aide Médicale Internationale a ouvert sa mission en République centrafricaine au printemps 2007, avec l’implantation d’une base de coordination à Bangui (en avril) et d’une base opérationnelle à N’délé (au mois de mai). Cette ouverture, qui faisait suite à une mission d’évaluation menée quelques mois plus tôt dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran, avait pour objectif de restaurer l’accès aux soins de santé primaires des habitants de la ville de N’délé et de ses environs (l’hôpital avait subi d’importants pillages fin 2006). L’action s’est donc portée sur le renforcement des capacités au sein de l’hôpital et sur l’appui à trois structures de santé périphériques.
Une attention particulière a été portée à la santé materno-infantile, comprenant consultations et campagnes de vaccination. Au mois de novembre 2007, A.M.I. a ouvert une deuxième base opérationnelle, dans la sous-préfecture de Mbrés, territoire délaissé de la préfecture de la Nana-Gribizi. Ici, le délabrement des structures de santé, les ruptures en médicaments, le manque de personnel qualifié et la forte tarification appliquée ont vidé les formations sanitaires (FOSA) de leurs patients. A.M.I. a également choisi de développer le référencement des cas les plus graves à d’autres structures.


ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS


- N’délé
En 2010, A.M.I. a poursuivi son action dans la zone de N’délé. Le projet s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des partenaires de santé locaux, via notamment un partenariat avec la préfecture sanitaire. Cette collaboration opérationnelle s’étend également à la question du coût des soins : une tarification modérée pour l’ensemble des prestations a ainsi été définie, en lien avec les parties prenantes.
Les équipes ont poursuivi le travail de soutien à l’hôpital de N’délé et aux postes et centres de santé périphériques : réhabilitations, dotations régulières en médicaments et équipements médicaux, formations spécifiques du personnel, supervision et compagnonnage.
Le travail spécifique visant au renforcement de la qualité des soins de protection materno-infantile (PMI) a été poursuivi, avec le maintien du soutien aux maternités fonctionnelles et le développement des soins préventifs dans des postes de santé périphériques.

Enfin, A.M.I. a mis en place un poste de transfusion sanguine et a poursuivi son engagement en faveur de la vaccination de routine dans 11 centres du Programme Élargi de Vaccination (PEV) par un appui dans les formations, les supervisions, et le maintien de la chaîne du froid. En outre, grâce au soutien financier de l’UNICEF, un projet de réhabilitation de la maternité et de la pédiatrie a été mis en place au sein de l’hôpital préfectoral. Il s’agit d’un programme qui contribue à améliorer les services de santé materno-infantile (SMI) fournis par l’hôpital afin de garantir l’accès à des soins de santé de référence et d’urgence : maternité, pédiatrie, opérations chirurgicales d’urgence, laboratoire, transfusion sanguine d’urgence.

Aujourd’hui, les activités du programme à N’délé sont perturbées par un contexte sécuritaire de plus en plus instable, mais les équipes d’A.M.I. sont déterminées à poursuivre et à renforcer le programme.

- Mbrés
Dans la sous-préfecture de Mbrés, A.M.I. a continué son action en faveur du rétablissement de l’accès aux soins de santé en soutenant le centre de santé de référence ainsi que six postes de santé. Ces actions, qui s’inscrivent dans le cadre d’un partenariat avec les autorités sanitaires locales, s’articulent autour de trois axes principaux :

1. l’accès aux soins de santé primaires de qualité, de référence et d’urgence, au sein du CSR (Centre de Santé de Référence) de Mbrés et de six zones de santé
Ce volet est composé par de nombreuses activités, parmi lesquelles :
> compagnonnage des consultants et du personnel de garde,
> dotation en médicaments et en petit matériel médical,
> suivi des référencements,
> suivi nutritionnel et de la transfusion sanguine sécurisée,
> surveillance épidémiologique.

2. l’accès aux services de maternité et aux soins de santé préventifs pour les femmes et les enfants au sein du même centre
Ce volet est composé de nombreuses activités, parmi lesquelles :
> compagnonnage des consultants et des matrones,
> séances d’I.E.C. (Information, Éducation et Communication) dans les villages et les écoles,
> appui logistique à l’activité PEV (Programme Élargi de Vaccination).

3. renforcement des capacités des partenaires sanitaires locaux et de l’investissement de la communauté dans la gestion des soins de santé primaires
Ce volet est composé de nombreuses activités, parmi lesquelles :
> formation des personnels de santé (infirmiers, matrones et responsables de pharmacie, chefs de poste),
> supervision et compagnonnage des structures de santé.

Toutes ces activités s’inscrivent dans une dynamique de partenariat avec les autorités sanitaires locales.
D’ici fin janvier 2011, A.M.I. a prévu de terminer la passation du programme Mbrés. La transmission des activités aux acteurs locaux a démarré en 2010 par une augmentation progressive de la tarification des soins et la fin de la gratuité des médicaments. L’objectif principal de cette stratégie est de faire en sorte que les structures sanitaires puissent couvrir leurs dépenses, offrir à la population des soins de qualité et assurer l’approvisionnement en médicaments de façon pérenne.


PERSPECTIVES

En 2011, le travail d’A.M.I. en RCA s’organisera autour de trois axes :
> la poursuite et le renforcement des activités à N’délé,
> la transmission définitive des activités conduites à Mbrés aux acteurs locaux et la fermeture de la mission pour fin janvier 2011,
> l’extension de la mission avec l’ouverture d’une troisième zone d’intervention.

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Posté le 11 novembre 2010