République Centrafricaine

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE : Préfectures de Bamingui Bangoran et de Nana Gribizi


FICHE D’IDENTITE DU PROGRAMME
 » LOCALISATION
Trois bases : Bangui (coordination), N’délé et Mbrés (bases opérationnelles)

 » POPULATION COUVERTE
46 620 personnes (N’délé)
27 000 personnes (Mbrés)

 » ÉQUIPE A.M.I.
9 expatriés : un chef de mission, deux responsables de programme, deux référents médicaux, un référent VIH, un coordinateur administratif et financier, un coordinateur logistique, un coordinateur médical.
51 collaborateurs locaux (administrateurs, assistants en logistique, infirmiers superviseurs, sages-femmes superviseurs, techniciens de développement communautaire, etc.).

 » FINANCEURS
CERF (Fonds d’intervention humanitaire des Nations Unies), FNUAP (Fonds des Nations Unies pour la population), Emergency Response Fund (ERF) via le PNUD, Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Unicef, ECHO, Centre de crise (ministère français des Affaires étrangères), Unicef (via Merlin).


CONTEXTE D’INTERVENTION
Depuis plus d’une vingtaine d’années, la République Centrafricaine est la proie d’une crise chronique liée à des problèmes socioéconomique et à une instabilité politique. Le caractère irrégulier du paiement des salaires de la Fonction publique ajoute aux troubles sociaux et politiques dans le pays. De plus, le nord est plongé depuis 2006 dans une crise sécuritaire, où s’affrontent rebelles et militaires des forces armées centrafricaines dans deux conflits de natures différentes, l’un au Nord-Ouest, l’autre au Nord-Est.
Malgré la signature d’accords de paix dans le cadre du Dialogue inclusif destiné à réunir l’ensemble des forces vives du pays, la situation sécuritaire reste instable dans de nombreuses zones. La détérioration des conditions de vie de la population rend toujours plus difficile l’accès de la population aux services sociaux de base. En vingt ans, l’espérance de vie à la naissance a reculé pour se situer à 40 ans pour les hommes et à 45,7 ans pour les femmes. Le taux de mortalité infantile est passé de 97 pour mille en 1995 à 132 pour mille en 2003 ; et la mortalité maternelle de 683 à 1 355 pour 100 000 naissances vivantes. Le paludisme est une des premières causes de mortalité en RCA, par ailleurs fortement touchée par la pandémie de VIH/Sida. La situation sanitaire actuelle de la préfecture de Bamingui Bangoran et de la sous-préfecture de Mbrés (dans la préfecture de la Nana Gribizi) est très préoccupante, en raison de son isolement (dû à la persistance de tensions armées et à la faiblesse des infrastructures routières).


HISTORIQUE MISSION A.M.I.
Après une mission d’évaluation menée au début de l’année 2007 dans la préfecture de Bamingui Bangoran, Aide Médicale Internationale a décidé de mettre en oeuvre un programme dans la ville et les alentours de Ndélé, dont l’hôpital avait subi des pillages à la fin de l’année 2006. Après l’ouverture d’une base de coordination à Bangui en avril 2007, la base opérationnelle de Ndélé a ouvert en mai 2007. Dans cette zone où l’accès aux soins de santé primaire n’était plus effectif, A.M.I. a renforcé les capacités des services de l’hôpital de la ville de Ndélé en matière de soins de santé primaires et de soins maternels et infantiles. L’activité menée a permis de multiplier par plus de sept le nombre des consultations. Le soutien s’est élargi à trois structures de santé périphériques et s’est accompagné d’actions de vaccination et de sensibilisation sur le VIH/Sida. En novembre 2007, une deuxième base opérationnelle a été ouverte dans la sous-préfecture de Mbrés, territoire délaissé de la préfecture de la Nana Gribizi.


ACTIVITES ET REALISATIONS 2008
 » Mbrés
Dans la sous-préfecture de Mbrés, l’objectif est de rétablir un accès aux soins de santé en soutenant le centre de santé de référence et quatre postes de santé, et en mettant en oeuvre une clinique mobile.
Trois axes de travail, qui s’inscrivent dans une dynamique de partenariat avec les autorités sanitaires locales, ont été privilégiés :
> l’accès aux soins de santé primaires :
- réhabilitation des locaux des structures de santé,
- réouverture des postes de santé fermés,
- construction de latrines et d’incinérateurs/fosses à déchets pour les centres et postes de santé,
- dotation en matériels et en consommables (médicaux et logistiques),
- relance des activités de vaccination de routine et appui aux campagnes de masse organisées par le ministère de la santé,
- appui aux activités préventives dans les structures de santé (consultations pré et post-natales et consultations préventives des enfants de moins de 5 ans),
> l’appui au centre de santé de référence de Mbrès :
- dotation en matériel pour le bloc opératoire,
- formation spécifique aux interventions chirurgicales,
- soutien et formation pour les activités de laboratoire et de transfusion sanguine d’urgence,
> la formation des personnels :
- programmes de formation des personnels de santé : infirmiers, matrones et responsables de pharmacie,
- supervision et compagnonnage conjoint bimensuel,
- formation à la gestion des chefs de centre, des gérants, des présidents et des trésoriers des COGES.

Une consultation en campagne

 » Ndélé
L’objectif principal d’A.M.I. est de contribuer au rétablissement de l’accès aux soins pour tous. C’est pourquoi les équipes concentrent leurs efforts sur :
> l’appui à l’hôpital de Ndélé et à trois postes et centres de santé périphériques : réhabilitation, équipement, dotation en médicaments, formations spécifiques et supervision, compagnonnage,
> la création d’un poste de transfusion sanguine pour les cas d’urgence,
> le développement des soins de protection materno-infantile (PMI) : soutien aux maternités fonctionnelles et soins préventifs dans sept postes de santé périphériques,
> la relance de la vaccination de routine dans 11 centres inclus dans le Programme élargi de vaccination (PEV) par un appui en formations, des supervisions, et le maintien de la chaîne de froid. Inscrivant son action dans une dynamique de renforcement des capacités des partenaires de santé locaux, la collaboration avec la préfecture sanitaire est renforcée sur la base d’une convention et de la mise en oeuvre d’une tarification modérée des soins.


Perspectives 2009

Après une année 2008 consacrée à la consolidation de la mission et au développement de nouveaux volets d’activité, A.M.I. prévoit de poursuivre les actions en cours à Ndélé et Mbrés selon trois thématiques majeures :
> garantir un accès aux soins de qualité pour le plus grand nombre en poursuivant l’appui au système sanitaire, en collaboration étroite avec les autorités sanitaires,
> lutter contre le VIH/Sida par un travail de prévention de la transmission du parent à l’enfant (PTPE), et des actions de sensibilisation de la population,
> lutter contre la malnutrition : enquêtes nutritionnelles et prise en charge des cas sévères de malnutrition.

Enfin, une évaluation doit être conduite en vue d’étendre la couverture géographique des programmes.