Soins de santé primaires

Soins de santé primaires


L’accent mis à l’échelle mondiale, dans le domaine de la santé, sur l’accès aux soins de santé primaires date d’une trentaine d’années. C’est à l’occasion de la conférence d’Alma-Alta, organisée à l’initiative de l’OMS et de l’UNICEF en septembre 1978 que cette notion a été définie et théorisée. Contrairement à ce que cette expression pourrait laisser entendre, il ne s’agit pas de soins basiques, simples et compartimentés, mais de réponses aux besoins immédiats, qui priment sur les autres, des individus. Les soins de santé primaires, y sont définis en tant que « des soins de santé essentiels, fondés sur des méthodes et une technologie pratiques, scientifiquement viables et socialement acceptables, rendus universellement accessibles aux individus et aux familles dans la communauté par leur pleine participation et à un coût que la communauté et le pays puissent assumer à chaque stade de leur développement dans un esprit d’autoresponsabilité et d’autodétermination. ». L’individu est mis au centre des soins de santé : le système de santé est pris en compte, mais aussi les composantes économiques et sociales qui ont prise dans une société. Le tout est envisagé dans son ensemble, avec la conscience que ces différentes dimensions ne peuvent pas être compartimentées : la santé prend en compte le bien être physique, mental et social. Le droit à la santé, droit fondamental de l’être humain, est érigé en condition sine qua non du progrès économique et social.

Les soins de santé primaires comprennent des programmes d’éducation à la santé, des actions de prévention et de lutte contre les maladies, des programmes d’accès à l’eau et à l’assainissement, et de promotion de la nutrition, des travaux sur la protection maternelle et infantile, qui comprend la planification familiale, des campagnes de vaccination contre les maladies infectieuses, des préventions et contrôles des endémies, et l’approvisionnement en médicaments essentiels. À cela s’ajoutent des interventions dans des domaines connexes, en lien avec les développements national et communautaire. Ces actions tendent à aboutir à une certaine autonomisation des collectivités et des individus.


Soins de santé primaires en Afghanistan

Ces dernières années, la directrice générale de l’OMS, Margaret Chan, réaffirmait la primauté de l’approche des soins de santé primaires, en s’efforçant de fournir des réponses rationnelles, fondées sur des données factuelles et anticipatives aux besoins de santé et aux attentes sociales. La référence aux soins de santé primaires constitue une base. Certes, la mondialisation en cours depuis 30 ans a eu un impact fort sur les problématiques sanitaires, économiques et sociales. La démarche reste néanmoins proche de celle énoncée en 1978, avec cette volonté de « mettre les gens au cœur des soins de santé, harmonisant l’esprit et le corps, les individus et les systèmes ».

D’une manière générale, les programmes d’A.M.I., dans les neuf pays où elle intervient, s’inscrivent dans la logique des soins de santé primaires : formations des personnels de santé, prévention par des actions de sensibilisation et des campagnes de vaccination, actions de lutte contre le VIH/sida et le paludisme, soins curatifs, etc. Ces actions, menées plus en soutien qu’en substitution aux structures de sanitaires locales, tentent de coller le plus possible aux spécificités culturelles et sociales des régions où elles sont menées. Ce travail en collaboration tend, à terme, à une réelle autonomisation des populations aidées.

Dans la plupart des programmes, un volet prend en compte les dimensions psychosociales de certaines maladies ou situations, avec la conscience que la santé ne peut être limité à ces secteurs, mais touche à l’entièreté des individus, des groupes et des sociétés auxquels ils appartiennent. Avec ce positionnement, à mi-chemin entre l’urgence et le développement, A.M.I. s’applique à répondre à des besoins tout en cherchant à pérenniser ses actions.