Tchad

TCHAD : S’appuyer sur les savoir faire traditionnels pour lutter contre la malnutrition

Depuis 2003, l’Est du Tchad a vu affluer plus de 250 000 réfugiés fuyant les combats au Darfour voisin. Cette augmentation de la population dans une zone qui manquait déjà de ressources, ajoutée au climat d’insécurité dans ces zones frontalières et à de mauvaises récoltes ces dernières années n’ont fait qu’amplifier le dénuement des populations réfugiées et locales. Dans la région de Hadjer Hadid, à 60km de la frontière, 2 camps accueillent près de 50 000 réfugiés. Ils reçoivent de l’aide pour faire face à leurs besoins primaires : accès à l’alimentation, à l’eau, à l’assainissement, à la santé mais malgré tout, les taux de malnutrition augmentent dangereusement. C’est pour répondre à cette problématique que Première Urgence – Aide Médicale Internationale a développé un projet innovant fondé sur les savoir faire traditionnels des populations.

Un régime alimentaire insuffisamment équilibré
Les dernières enquêtes du Programme Alimentaire Mondial révèlent des taux de malnutrition inquiétants et en augmentation depuis 2 ans chez les populations réfugiées vivant dans les camps. Ces taux atteignent quasiment les seuils d’urgence, alors que les distributions de vivres continuent. Sur les marchés, la diversité et la disponibilité des produits alimentaires sont faibles. De plus les distributions alimentaires, organisées par les organisations humanitaires, ne concernent que des produits secs, ce qui explique aussi le manque de diversité dans l’alimentation des populations. En conséquence, les familles manquent de certains apports nutritionnels vitaux. Première Urgence – Aide Médicale Internationale soutient l’agriculture dans cette zone. En distribuant des semences et des outils, elle permet aux producteurs maraîchers de cultiver plus. Les résultats sont là mais l’augmentation des taux de malnutrition montre qu’il y a un autre problème. En étudiant plus en profondeur le contexte, nos équipes se sont aperçues qu’il y avait une carence dans la transformation des produits agricoles. En effet les fruits et légumes disponibles à la vente sont des produits frais qui se conservent mal. Traditionnellement les populations de ces régions sèchent les aliments comme les tomates, le gombo ou la mangue. Cette technique évite aux producteurs de perdre une partie de leur production non écoulée et satisfait aussi d’avantage les besoins nutritionnels des populations. Or PU-AMI s’est rendue compte que, depuis leur arrivée dans les camps, les réfugiés ont peu développé ces techniques de transformation.

Un savoir faire traditionnel mis en péril par un manque de moyen et de technicité
Etre réfugié cela signifie fuir, perdre son habitat, ses biens, son travail, son champ ou son bétail mais aussi les capacités de redévelopper son activité ailleurs, installé dans un camp loin de chez soi. Au Tchad, les réfugiés soudanais ne disposent pas des machines nécessaires pour transformer les produits de l’agriculture. Aujourd’hui le séchage des fruits et légumes se fait à même le sol et de façon inadéquate, entraînant des pertes importantes. A tel point que les familles achètent des produits importés, comme le concentré de tomates, alors qu’il pourrait être produit sur place. En conséquence, les producteurs de tomate perdent 10 à 15% de leur récolte car elle n’est pas transformée à temps.

Depuis Juillet 2010, nos équipes appuient la création d’un centre de transformation accessible aux producteurs.

Ne pas apporter une solution toute faite mais s’appuyer sur des savoir faire traditionnels
Afin de garantir une meilleure alimentation mais aussi de développer une activité économique pour les réfugiés, PU-AMI a choisi de s’appuyer sur les savoir faire traditionnels des populations. Depuis Juillet 2010, nos équipes appuient la création d’un centre de transformation accessible aux producteurs et regroupant différentes machines : moulin à céréales, décortiqueuse à arachide, presse à huile… Ce soutien matériel s’accompagne de formations techniques permettant aux réfugiés de transformer leurs produits par eux-mêmes. Grâce à ce projet, les agriculteurs peuvent transformer leurs propres produits et en parallèle d’autres réfugiés peuvent développer une activité de transformation et vendre ces produits à plus forte valeur ajoutée. Depuis le début du projet, 1 800 personnes ont été formées à ces différentes techniques sur le séchage amélioré, la réalisation de bocaux de tomates, de confiseries, de pâtisseries ou encore de cosmétiques à base de produits agricoles. Autant de produits dont ont besoin les réfugiés qui vivent depuis plus de 6 ans dans des camps.

PU-AMI intervient au Tchad depuis 2004. Elle apporte son assistance aux réfugiés soudanais du Darfour, aux déplacés internes tchadiens ainsi qu’aux familles les accueillant et se concentre sur des programmes de sécurité alimentaire, de distribution non alimentaire, de relance économique, de sensibilisation à l’hygiène et de préservation des ressources naturelles environnantes.

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Pour en savoir plus sur les programmes de PU-AMI au Tchad, cliquez sur ce lien :http://premiere-urgence.org/index.p… Consulter cet article seul