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HAITI : 3 381 enfants et jeunes des rues pris en charge par PU-AMI à Port-au-Prince
La base Jamaïque est située en face de l’aéroport de Port-au-Prince. Des jeunes, entre 10 et 17 ans en moyenne, s’y regroupent pour y survivre. Les bases sont des abris de fortune dans lesquels les enfants s’organisent en micro-société souvent sous la direction d’un leader qui impose des règles de vie.
Première Urgence – Aide Médicale Internationale (PU-AMI) intervient dans 17 bases d’enfants de l’agglomération de Port-au-Prince depuis 2004.
Ces jeunes s’appellent Léon (alias Jumeau), Michel, Islande ou Marie-France. Leurs histoires, ce qui les a amenés à vivre dans la rue, sont souvent tragiquement ressemblantes : mauvais traitements, décès des parents, grande pauvreté familiale… Une relation de confiance s’est installée entre les équipes médicales et éducatives de PU-AMI et les jeunes, appelés communément Enfants et Jeunes des Rues. Ils ont recueillis leurs témoignages.
Marie France a 21 ans, 2 enfants de 7 et 1 ans, et vit dans la rue depuis 10 ans. « Je n’aime pas la rue mais à cause de ma situation de misère, je suis obligée de vivre dans cette galère. Ma mère n’avait pas les moyens de m’aider à aller à l’école. Je connais l’importance de l’école. Je rêvais de devenir une femme d’affaire mais la vie ne me l’a pas permis. J’espère qu’un jour Dieu parlera dans le cœur des dirigeants du pays pour que je sorte enfin de cette situation. Ma plus grande peine, c’est de voir mes enfants vivre cette même tragédie. »
Michel est un bénéficiaire du programme Enfants et Jeunes des Rues de PU-AMI depuis 2006. Il mendie et nettoie les fenêtres des voitures des fidèles du Sacré cœur. Il est jeune et intelligent. Des paroissiens l’ont aidé à intégrer une école presbytérienne. Sa mère est encore vivante, elle habite près de Léogane, une petite ville à une heure de voiture de la capitale. Grâce à ses petits boulots, il peut s’acheter des vêtements, de la nourriture et rapporter un peu d’argent à sa mère. Il lui rend visite quelques heures chaque week end.
Islande a 19 ans et vit dans la rue depuis 5 ans. Orpheline depuis sa petite l’enfance , elle a été élevée par sa tante qui lui faisait subir de mauvais traitements. Elle a du quitter cet enfer familial. Islande avoue qu’elle ne veut pas rester dans la rue. Son plus grand désir, c’est de retrouver sa famille : « Si ma mère avait été là, je n’aurais jamais pris le chemin de la rue, parce qu’ici je suis victime de tous les maux. J’aimerais bien refaire ma vie, apprendre un métier afin que je puisse assurer ma propre survie ».
Aujourd’hui une équipe composée de 4 infirmières, 3 médecins et 5 éducateurs de rues sillonnent régulièrement les bases afin de dispenser des soins à près de 3400 jeunes mais aussi pour leur prêter une oreille attentive et veiller sur leur santé et leur état psychologique. Certains d’entre eux atteints plus gravement sont référés vers des hôpitaux et pris en charge entièrement par PU-AMI.
La priorité pour Première Urgence – Aide Médicale Internationale demeure la prise en charge de ces jeunes mais aussi leur intégration. Placés en marge de la société, ils existent très peu de structures locales pour les accueillir. Les partenariats avec des organismes locaux sont rares, mais sans leur implication, il sera difficile de contrer le phénomène et d’entrevoir une vie meilleure pour ces enfants et ces jeunes.
Crédit photo : Marco Domingo
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Suite au séisme du 12 janvier 2010, la situation sanitaire d’Haïti s’est terriblement détériorée, entraînant la réorganisation de la structure de la mission d’Aide Médicale Internationale. Aujourd’hui, Aide Médicale Internationale poursuit son programme d’accompagnement médico-éducatif en faveur des enfants et des jeunes en situation de rue. De plus, un nouveau projet destiné à améliorer la santé materno-infantile a été mis en place, avec l’ouverture d’une clinique de soins obstétricaux gratuits. Suite à l’épidémie de choléra survenue en octobre 2010, A.M.I. a dû réadapter une nouvelle fois ses activités pour répondre aux besoins des Haïtiens. Ainsi, un an après le séisme, l’urgence demeure. Plus d’un million de personnes sont encore sans-abris et vivent dans des conditions sanitaires déplorables. La reconstruction du pays est loin d’être achevée et promet d’être difficile.
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Haïti : ouverture d’une clinique obstétricale à Port-au-Prince
En Haïti, les données concernant la mortalité infantile et maternelle témoignent de l’insuffisante prise en charge des grossesses. Au 1er janvier 2009, le taux de mortalité infantile était évalué à 59,69 ‰ naissances (contre 3,33 ‰ en France).
Selon le ministère haïtien de la Santé publique et de la Population, 2 900 femmes et jeunes filles meurent chaque année suite à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Aujourd’hui, un grand nombre de ces décès pourrait être évités. Face à ce constat, les équipes d’A.M.I ont décidé d’agir dans le quartier de Martissant, un bidonville de Port-au-Prince. Les causes de mortalité materno-infantile y sont exacerbées en raison de l’éloignement des centres de santé et du coût trop élevé des soins obstétricaux (consultations, médicaments et déplacement) au regard des capacités financières des habitants.
La mise en place d’une clinique dédiée aux soins obstétriques était initialement prévue pour début 2010, mais le violent tremblement de terre du 12 janvier a conduit les équipes d’A.M.I. à concentrer leurs actions et leurs moyens au rétablissement de l’accès à des soins de santé primaires pour les populations affectées par le séisme. Le programme est aujourd’hui relancé, parallèlement aux activités de post-urgence. Afin de participer à l’effort de diminution de la mortalité materno-infantile à Port-au-Prince, l’un des enjeux majeurs est de renforcer l’accès aux soins de santé maternelle. Accompagnant la politique de santé publique du gouvernement haïtien, A.M.I. propose de fournir des soins obstétricaux à Martissant. À travers la gratuité des soins, ce projet participera, à terme, à l’organisation progressive d’une protection sociale en Haïti.
Le programme, actuellement en cours de mise en œuvre, nécessite un long travail en amont. Après avoir identifié les locaux destinés à la mise en place de la clinique obstétricale, celle-ci est en cours de réhabilitation par les équipes d’A.M.I. Elle sera ensuite approvisionnée en médicaments et en équipements médicaux et devrait être opérationnelle à la fin du mois de juin. Une autre étape importante est de mobiliser la communauté en relayant l’information sur la mise en place de ce programme auprès des associations de quartier, des partenaires locaux et des populations concernées, etc. L’ensemble des acteurs locaux est conscient du besoin réel en matière d’accès à la santé maternelle et est très réceptif à l’ouverture de cette clinique.
Une fois la clinique opérationnelle, les interventions d’A.M.I. s’étendront sur deux axes : des soins préventifs et des soins curatifs qui seront dispensés aux femmes en âge de procréer, aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 12 mois. Un accent particulier sera mis sur le renforcement des capacités locales, l’implication et la mobilisation des partenaires locaux et des communautés. Il s’agit de favoriser la pérennisation des résultats, l’appropriation durable des bonnes pratiques sanitaires, hygiéniques et nutritionnelles et l’amélioration de la santé reproductive.
Bénéficiaires indirects : la totalité des habitants des zones de Martissant, soit 100 000 personnes.
Bénéficiaires directs : 30 434 personnes.
Objectifs
Nombre d’accouchements attendus sur une année : 3 825
65 % des femmes enceintes sont prises en charge
40 % des accouchements également
50 % des nourrissons sont vus en consultations post-natales
80 % des femmes en âge de procréer participeront aux activités d’éducation à la santé
A.M.I. soutient la campagne « Non-assistance à mère en danger » initié par Oxfam France, Médecins du Monde, Action for Global Health et Avocats pour la Santé dans le Monde. Consulter cet article seul
Haïti : Port-au-Prince, sept semaines après le séisme, état des lieux des programmes d’A.M.I.
Sept semaines après le séisme (qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier), les organisations humanitaires sont toujours à pied d’œuvre auprès des habitants de Port-au-Prince et des environs. Les conditions de vie des Haïtiens victimes de la catastrophe sont toujours particulièrement difficiles et les besoins sanitaires comptent parmi leurs préoccupations premières.

- Vue du quartier de Granravine
L’action d’urgence repose essentiellement sur le travail de cliniques mobiles qui sillonnent le quartier de Martissant, où vivent près de 250 000 personnes. Initialement au nombre de deux, les cliniques mobiles A.M.I. sont, depuis le 23 février, au nombre de six. Le renfort de nouveaux expatriés et de personnel haïtien a permis le développement du dispositif. Les six équipes mobiles, composées de cinq personnes chacune, assurent des soins de santé primaires et des vaccinations. L’objectif fixé, en coordination avec le ministère haïtien de la Santé, est de vacciner 20 000 personnes, notamment des enfants de moins de sept ans (contre la rubéole, la rougeole, la coqueluche, etc.) et des enfants de plus de sept ans. Les séances de vaccination sont aussi l’occasion de distribuer vitamines et vermifuge et, aux mères, de donner du lait enrichi afin de lutter contre la malnutrition des jeunes enfants.
Le programme enfants et jeunes des rues (en cours depuis 2004) a été fortement impacté par le séisme. L’équipe du programme a rapidement voulu reprendre contact avec les enfants. Si le contexte a rendu cette démarche difficile, désormais, une des cliniques mobiles se rend dans des centres d’accueil pour enfants (Lacay, Gantier, Lakou, Kafa, etc.) et dans certaines « bases » (lieux de rassemblement de ces jeunes : base cimetière, et – dans les jours à venir – bases aéroport, carrefour, clercine).
Enfin, le programme SOG, qui avait tout juste débuté en début d’année, se poursuit. Un travail d’identification des acteurs engagés sur l’accompagnement des femmes enceintes a été entrepris afin de savoir si le séisme avait désorganisé les réseaux de matrones, mambos, etc. présents sur la zone. Si la population de Martissant est stabilisée (à savoir, s’il n’y a pas trop de déplacements d’habitants), une étude connaissances attitudes pratiques va être menée auprès des femmes en âge de procréer avant d’enclencher les premières actions d’information et de sensibilisation sur la grossesse et l’accouchement.
Anne Dutrey-Kaiser, responsable programme au siège, le rappelle : « Au-delà des actions d’urgence que nos équipes mènent, nous travaillons à adapter les actions qui préexistaient (programme enfants des rues et programmes SOG) au nouveau contexte. Notre objectif est que l’ensemble de nos interventions soient complémentaires les unes des autres ». Ainsi, l’essentiel des actions se déroule dans Martissant (le travail auprès des enfants des rues conduit cependant les équipes à se rendre dans d’autres zones de la capitale haïtienne). « Par ailleurs, ayant constaté que le nombre de cliniques fixes opérationnelles dans la zone est extrêmement réduit (deux ou trois), nous allons proposer au ministère de la Santé d’aménager le centre médico-social du programme enfants et jeunes des rues pour le transformer en clinique de niveau 2 » (pour mémoire, dans le cadre de l’Emergency Medical Response, le ministère haïtien de la Santé a opéré une classification des structures de santé en 3 niveaux, depuis l’équipe mobile légère jusqu’à la structure hospitalière de référence). La volonté des équipes, sept semaines après la catastrophe, est d’adapter les actions pour répondre au plus près aux besoins des populations. Consulter cet article seul
Haïti : soins de santé primaires et consultations post-opératoires à Port-au-Prince
C’est auprès de 72 000 personnes, dans les « sous-quartiers » de Fontamara 27, Deluy, Sud-Martissant, Capoie la Mort, La Belair que deux équipes médicales mobiles sont à l’œuvre. Pour permettre au plus grand nombre d’habitants d’être informés du passage de ces équipes, des plannings d’intervention de 15 jours ont été réalisés en concertation avec les chefs de quartier, qui sont chargés de prévenir la population. De plus, les lieux et dates des consultations assurées par les cliniques mobiles sont communiqués par Radio France Internationale (RFI), qui diffuse quotidiennement des émissions radiophoniques d’informations pratiques à destination des Haïtiens.
À l’œuvre depuis le 23 janvier, chacune des deux équipes mobiles assure désormais entre 60 et 100 consultations par jour. L’une d’entre elle se focalise sur les soins post-opératoires (nettoyage des plaies, changement des bandages, renouvellement des pansements, référencement de certains patients vers les quelques structures de prise en charge spécialisées opérationnelles). L’équipe chargée des soins de santé primaires dispense des consultations généralistes et assure des consultations prénatales à l’occasion desquelles une sensibilisation aux avantages que présentent, les accouchements en structures de soins pour les jeunes mères et leurs nouveaux-nés est assurée. Cependant, en raison du manque de structures de soins obstétricaux, des « kits d’accouchement », comprenant une feuille de plastique, une lame de rasoir et une ficelle stérile pour le cordon ombilical, ainsi que des gants et du savon pour l’accoucheuse, sont distribués aux autres femmes ayant atteint leur neuvième mois de grossesse. Lorsque des accouchements potentiellement à risque sont détectés, les consultations prénatales sont l’occasion d’encourager les femmes à se rendre dans des centres de soins adaptés.
Face à l’ampleur des besoins en soins de santé primaires, A.M.I. devrait mettre en place, d’ici à la fin du mois, trois cliniques mobiles supplémentaires pour étendre la zone d’intervention actuelle. Une équipe mobile spécialisée en santé infantile devrait renforcer le dispositif dans le même temps. Consulter cet article seul
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