Actualité
Haïti : ouverture d’une clinique obstétricale à Port-au-Prince
En Haïti, les données concernant la mortalité infantile et maternelle témoignent de l’insuffisante prise en charge des grossesses. Au 1er janvier 2009, le taux de mortalité infantile était évalué à 59,69 ‰ naissances (contre 3,33 ‰ en France).
Selon le ministère haïtien de la Santé publique et de la Population, 2 900 femmes et jeunes filles meurent chaque année suite à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Aujourd’hui, un grand nombre de ces décès pourrait être évités. Face à ce constat, les équipes d’A.M.I ont décidé d’agir dans le quartier de Martissant, un bidonville de Port-au-Prince. Les causes de mortalité materno-infantile y sont exacerbées en raison de l’éloignement des centres de santé et du coût trop élevé des soins obstétricaux (consultations, médicaments et déplacement) au regard des capacités financières des habitants.
La mise en place d’une clinique dédiée aux soins obstétriques était initialement prévue pour début 2010, mais le violent tremblement de terre du 12 janvier a conduit les équipes d’A.M.I. à concentrer leurs actions et leurs moyens au rétablissement de l’accès à des soins de santé primaires pour les populations affectées par le séisme. Le programme est aujourd’hui relancé, parallèlement aux activités de post-urgence. Afin de participer à l’effort de diminution de la mortalité materno-infantile à Port-au-Prince, l’un des enjeux majeurs est de renforcer l’accès aux soins de santé maternelle. Accompagnant la politique de santé publique du gouvernement haïtien, A.M.I. propose de fournir des soins obstétricaux à Martissant. À travers la gratuité des soins, ce projet participera, à terme, à l’organisation progressive d’une protection sociale en Haïti.
Le programme, actuellement en cours de mise en œuvre, nécessite un long travail en amont. Après avoir identifié les locaux destinés à la mise en place de la clinique obstétricale, celle-ci est en cours de réhabilitation par les équipes d’A.M.I. Elle sera ensuite approvisionnée en médicaments et en équipements médicaux et devrait être opérationnelle à la fin du mois de juin. Une autre étape importante est de mobiliser la communauté en relayant l’information sur la mise en place de ce programme auprès des associations de quartier, des partenaires locaux et des populations concernées, etc. L’ensemble des acteurs locaux est conscient du besoin réel en matière d’accès à la santé maternelle et est très réceptif à l’ouverture de cette clinique.
Une fois la clinique opérationnelle, les interventions d’A.M.I. s’étendront sur deux axes : des soins préventifs et des soins curatifs qui seront dispensés aux femmes en âge de procréer, aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 12 mois. Un accent particulier sera mis sur le renforcement des capacités locales, l’implication et la mobilisation des partenaires locaux et des communautés. Il s’agit de favoriser la pérennisation des résultats, l’appropriation durable des bonnes pratiques sanitaires, hygiéniques et nutritionnelles et l’amélioration de la santé reproductive.
Bénéficiaires
Bénéficiaires indirects : la totalité des habitants des zones de Martissant, soit 100 000 personnes.
Bénéficiaires directs : 30 434 personnes.
Objectifs
Nombre d’accouchements attendus sur une année : 3 825
65 % des femmes enceintes sont prises en charge
40 % des accouchements également
50 % des nourrissons sont vus en consultations post-natales
80 % des femmes en âge de procréer participeront aux activités d’éducation à la santé
Bénéficiaires indirects : la totalité des habitants des zones de Martissant, soit 100 000 personnes.
Bénéficiaires directs : 30 434 personnes.
Objectifs
Nombre d’accouchements attendus sur une année : 3 825
65 % des femmes enceintes sont prises en charge
40 % des accouchements également
50 % des nourrissons sont vus en consultations post-natales
80 % des femmes en âge de procréer participeront aux activités d’éducation à la santé
A.M.I. soutient la campagne « Non-assistance à mère en danger » initié par Oxfam France, Médecins du Monde, Action for Global Health et Avocats pour la Santé dans le Monde. Consulter cet article seul
Haïti : Port-au-Prince, sept semaines après le séisme, état des lieux des programmes d’A.M.I.
Sept semaines après le séisme (qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier), les organisations humanitaires sont toujours à pied d’œuvre auprès des habitants de Port-au-Prince et des environs. Les conditions de vie des Haïtiens victimes de la catastrophe sont toujours particulièrement difficiles et les besoins sanitaires comptent parmi leurs préoccupations premières.

- Vue du quartier de Granravine
L’action d’urgence repose essentiellement sur le travail de cliniques mobiles qui sillonnent le quartier de Martissant, où vivent près de 250 000 personnes. Initialement au nombre de deux, les cliniques mobiles A.M.I. sont, depuis le 23 février, au nombre de six. Le renfort de nouveaux expatriés et de personnel haïtien a permis le développement du dispositif. Les six équipes mobiles, composées de cinq personnes chacune, assurent des soins de santé primaires et des vaccinations. L’objectif fixé, en coordination avec le ministère haïtien de la Santé, est de vacciner 20 000 personnes, notamment des enfants de moins de sept ans (contre la rubéole, la rougeole, la coqueluche, etc.) et des enfants de plus de sept ans. Les séances de vaccination sont aussi l’occasion de distribuer vitamines et vermifuge et, aux mères, de donner du lait enrichi afin de lutter contre la malnutrition des jeunes enfants.
Le programme enfants et jeunes des rues (en cours depuis 2004) a été fortement impacté par le séisme. L’équipe du programme a rapidement voulu reprendre contact avec les enfants. Si le contexte a rendu cette démarche difficile, désormais, une des cliniques mobiles se rend dans des centres d’accueil pour enfants (Lacay, Gantier, Lakou, Kafa, etc.) et dans certaines « bases » (lieux de rassemblement de ces jeunes : base cimetière, et – dans les jours à venir – bases aéroport, carrefour, clercine).
Enfin, le programme SOG, qui avait tout juste débuté en début d’année, se poursuit. Un travail d’identification des acteurs engagés sur l’accompagnement des femmes enceintes a été entrepris afin de savoir si le séisme avait désorganisé les réseaux de matrones, mambos, etc. présents sur la zone. Si la population de Martissant est stabilisée (à savoir, s’il n’y a pas trop de déplacements d’habitants), une étude connaissances attitudes pratiques va être menée auprès des femmes en âge de procréer avant d’enclencher les premières actions d’information et de sensibilisation sur la grossesse et l’accouchement.
Anne Dutrey-Kaiser, responsable programme au siège, le rappelle : « Au-delà des actions d’urgence que nos équipes mènent, nous travaillons à adapter les actions qui préexistaient (programme enfants des rues et programmes SOG) au nouveau contexte. Notre objectif est que l’ensemble de nos interventions soient complémentaires les unes des autres ». Ainsi, l’essentiel des actions se déroule dans Martissant (le travail auprès des enfants des rues conduit cependant les équipes à se rendre dans d’autres zones de la capitale haïtienne). « Par ailleurs, ayant constaté que le nombre de cliniques fixes opérationnelles dans la zone est extrêmement réduit (deux ou trois), nous allons proposer au ministère de la Santé d’aménager le centre médico-social du programme enfants et jeunes des rues pour le transformer en clinique de niveau 2 » (pour mémoire, dans le cadre de l’Emergency Medical Response, le ministère haïtien de la Santé a opéré une classification des structures de santé en 3 niveaux, depuis l’équipe mobile légère jusqu’à la structure hospitalière de référence). La volonté des équipes, sept semaines après la catastrophe, est d’adapter les actions pour répondre au plus près aux besoins des populations. Consulter cet article seul
Haïti : soins de santé primaires et consultations post-opératoires à Port-au-Prince
"Entre 60 et 100 consultations sont assurées quotidiennement par chacune des deux équipes médicales mobiles"
C’est auprès de 72 000 personnes, dans les « sous-quartiers » de Fontamara 27, Deluy, Sud-Martissant, Capoie la Mort, La Belair que deux équipes médicales mobiles sont à l’œuvre. Pour permettre au plus grand nombre d’habitants d’être informés du passage de ces équipes, des plannings d’intervention de 15 jours ont été réalisés en concertation avec les chefs de quartier, qui sont chargés de prévenir la population. De plus, les lieux et dates des consultations assurées par les cliniques mobiles sont communiqués par Radio France Internationale (RFI), qui diffuse quotidiennement des émissions radiophoniques d’informations pratiques à destination des Haïtiens.
À l’œuvre depuis le 23 janvier, chacune des deux équipes mobiles assure désormais entre 60 et 100 consultations par jour. L’une d’entre elle se focalise sur les soins post-opératoires (nettoyage des plaies, changement des bandages, renouvellement des pansements, référencement de certains patients vers les quelques structures de prise en charge spécialisées opérationnelles). L’équipe chargée des soins de santé primaires dispense des consultations généralistes et assure des consultations prénatales à l’occasion desquelles une sensibilisation aux avantages que présentent, les accouchements en structures de soins pour les jeunes mères et leurs nouveaux-nés est assurée. Cependant, en raison du manque de structures de soins obstétricaux, des « kits d’accouchement », comprenant une feuille de plastique, une lame de rasoir et une ficelle stérile pour le cordon ombilical, ainsi que des gants et du savon pour l’accoucheuse, sont distribués aux autres femmes ayant atteint leur neuvième mois de grossesse. Lorsque des accouchements potentiellement à risque sont détectés, les consultations prénatales sont l’occasion d’encourager les femmes à se rendre dans des centres de soins adaptés.
Face à l’ampleur des besoins en soins de santé primaires, A.M.I. devrait mettre en place, d’ici à la fin du mois, trois cliniques mobiles supplémentaires pour étendre la zone d’intervention actuelle. Une équipe mobile spécialisée en santé infantile devrait renforcer le dispositif dans le même temps. Consulter cet article seul
Haïti : participer au renforcement du dispositif global de soins
Dans la banlieue sud de Port-au-Prince, une première clinique mobile d’A.M.I. couvre les consultations générales liées aux soins de santé primaires. Le personnel médical doit notamment traiter de très nombreux cas de diarrhée, qui pourraient être liés au manque d’accès à l’eau potable ou d’évacuation des eaux usées, comme à l’exposition aux intempéries et au froid la nuit. Une partie du travail d’A.M.I. est ainsi consacré à la sensibilisation aux règles d’hygiène (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) estime que seulement 292 latrines ont été construites sur les 7 000 que la situation sanitaire exige). Dans le même temps, une deuxième équipe est chargée du suivi des interventions médicales en procurant les soins et les pansements nécessaires.
Les deux équipes parviennent actuellement à couvrir plusieurs zones amenées à s’étendre, et qui aujourd’hui comprennent Martissant, Fontamara 27, Deluy, Capois la Mort, La Belaire, Grande Ravine, Cité Charité, Madangano, Lakou Mango et Fort Mercredi.
Les équipes d’A.M.I. ont récemment bénéficié de l’envoi de nouveaux kits de médicaments et de matériel médical, dont certains ont été fournis par Promesse (OMS), permettant pour chaque unité de réaliser 1 000 consultations. Des kits Tulipe ont aussi été massivement envoyés, pour être partagés entre A.M.I. et la Chaîne de l’Espoir, en fonction des besoins spécifiques à chaque organisation.
Le travail des cliniques mobiles intervenant sur les sites d’hébergements spontanés constitue le premier échelon d’un système médical de réponse d’urgence, amené à être mis en place prochainement par le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP). Les autorités sanitaires comptent ainsi réquisitionner l’ensemble des cliniques toujours en état de fonctionner et disposant d’un personnel suffisamment large (nurse, médecin, laborantin, auxiliaire de santé), afin qu’elles puissent prendre en charge à n’importe quel moment les personnes référencées par les cliniques mobiles, notamment pour des accouchements. Quant aux hospitalisations durables et aux situations assorties de complications médicales, elles devraient normalement être assumées par des hôpitaux de référence qui constitueraient le dernier échelon de ce vaste dispositif de prise en charge des malades et blessés.
Dans ce cadre, les équipes d’A.M.I. ont déjà réalisé une évaluation des besoins et moyens à mettre en œuvre dans la clinique Saint-Michel, à Fontamara 27, près de Martissant. L’organisation pourrait y apporter un soutien technique et financier, après signature d’un partenariat avec le MSPP. À partir de ce centre de soins, il est par ailleurs envisagé que deux nouvelles cliniques mobiles soient rendues opérationnelles pour couvrir les besoins de 5 sites de santé communautaire déjà existants, auxquels viendraient s’ajouter 5 autres sites afin d’assurer la couverture la plus homogène possible de la zone. Consulter cet article seul
Des cliniques mobiles pour soigner au cœur des quartiers
À Port-au-Prince, l’accès aux soins compte parmi les préoccupations premières des survivants du séisme. Pour répondre à ces besoins aigus, A.M.I. a mis en place, depuis le 23 janvier, un dispositif de cliniques mobiles pour aller, par équipes de six ou sept, dans différentes quartiers des « arrondissements » de Martissant, à la rencontre de patients qui peinent à se rendre dans des centres de santé fixes.L’équipe de l’une des deux cliniques dispense des soins de santé primaires, notamment auprès de nouveaux nés et de leurs mères, quand l’autre assure des consultations pour le suivi médical des blessés.
La clinique mobile « soins aux blessés » s’est ainsi rendue le 23 janvier à Casterat, Douyon, le 24, à Madame Gano et Cité Charité et, le 25 janvier, au Bas Deluy pour la désinfection des plaies, la pose de pansements, etc. Les consultations en soins de santé primaires auprès de deux regroupements de 3 000 personnes chacun, ont été assurées à Fontamara 27 et Martissant, pour prévenir et soigner toutes les pathologies « habituelles » non directement liées à la catastrophe.
Le travail de ces cliniques mobiles s’étend, depuis le 26 janvier, à de nouvelles zones de Port-au-Prince pour répondre aux besoins sanitaires essentiels de la population. Il s’inscrit dans les préconisations des autorités sanitaires haïtiennes qui recommandent qu’en complément aux structures de santé fixes, des équipes médicales volantes visitent les regroupements de sans-abri. Consulter cet article seul
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