Thaïlande

THAÏLANDE - Camps de réfugiés à la frontière birmano-thaïlandaise


ÉLÉMENTS CLEFS - 2010

Localisation
> Bureaux de représentation à Bangkok
> Bases à Umphang et Mae Sot
> Trois camps : Nupoe, Umpiem et Mae La

Bénéficiaires
> Population couverte : 80 000 personnes réparties dans les trois camps + populations alentours (constituées de villageois thaïlandais et de birmans essayant de recourir à une aide médicale dont ils ne peuvent bénéficier dans leurs régions d’origine)

Équipe A.M.I.
> 5 expatriés : un chef de mission, un coordinateur médical, un coordinateur administratif et financier, un coordo-programme, une psychologue
> Personnel local : 87 personnes dans les bases et 330 personnes dans les camps (médecins, infirmiers, techniciens de laboratoire, logisticiens, personnel administratif, etc.)

Financeurs
> Office d’Aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne (ECHO), Europaid, BPRM, Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), IRC, TBBC (Thaï burmese border consortium), MSF, CDC , IOM (Organisation internationale pour les migrations), Fondation d’entreprise Air Liquide


CONTEXTE D’INTERVENTION

Depuis 1984, des mouvements importants de populations ont conduit des milliers de personnes à fuir le territoire de la Birmanie (désormais Myanmar) pour trouver refuge en Thaïlande. Aujourd’hui, plus de 150 000 personnes, essentiellement d’origine Karen, Karenni, Mon, etc., vivent dans neuf camps implantés le long de la frontière birmano-thaïlandaise. D’autres (dont le nombre est estimé à 350 000) vivent dans les alentours proches de ces camps. Aucun d’entre eux ne dispose du statut de réfugié, le gouvernement thaïlandais refusant de leur reconnaître ce droit : leurs conditions de vie, difficiles, pâtissent donc de l’impossibilité dans laquelle ils se trouvent de satisfaire de manière autonome leurs besoins élémentaires. Les familles confinées dans les camps dépendent de la solidarité internationale et celles vivant à proximité immédiate peinent à accéder à des services essentiels. Depuis quelques années, un processus de « relocalisation » initié par des organisations internationales et des États tiers, permet à des réfugiés de quitter les camps pour émigrer dans ces pays tiers. Ces derniers privilégient l’immigration de personnes qualifiées, si bien que les personnels locaux d’A.M.I. ayant reçu une formation médicale sont souvent éligibles au départ, ce qui contraint nos équipes à renouveler continuellement la formation des personnels de santé des camps.
Le contexte d’intervention est marqué par le travail du CCSDPT (comité inter-Ong auquel A.M.I. appartient) qui réalise avec le HCR un travail de plaidoyer en faveur d’une plus large intégration des services de base, comme les services de santé des camps, au sein des dispositifs nationaux.
Enfin, la Thaïlande aura connu en 2009 une année politiquement mouvementée. Ainsi, la tentative du Premier ministre Abhisit Vejjajiva, élu en décembre 2008, de promouvoir « l’harmonie nationale » a été fortement contestée par les « chemises rouges », partisans de l’ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra. La vigueur de cette opposition aura même conduit à l’annulation du sommet de l’ASEAN qui devait se tenir, en avril 2009, dans l’île thaïlandaise de Pattaya. Les manifestations des chemises rouges ont perduré durant le début de l’année 2010, entraînant de profondes perturbations de la vie économique et sociale thaïlandaise.


HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION

A.M.I. conduit des programmes sanitaires auprès des populations des camps de la frontière birmano-thaïlandaise depuis 1995. Les activités sont menées auprès des populations vivant dans trois camps de la province du Tak : Mae La (44 000 habitants), Nupoe et Umpiem (18 000 habitants chacun), et dans des villages avoisinants.


ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS

Les programmes d’A.M.I. portent sur les soins de santé primaires (au travers d’activités préventives (dans le camp de Mae La) et curatives (dans les trois camps) ainsi que sur des activités de soins plus spécifiques. Chacun des volets du programme comporte un important travail de formation des professionnels et personnels de santé des camps.

- Formation
La formation des personnels de santé locaux est au coeur du programme d’A.M.I. Son objectif est le renforcement des compétences et l’autonomisation des équipes locales qui interviennent sur chacun des volets d’activités (soins préventifs, soins curatifs, activités transversales). À la formation initiale (de medics, d’infirmiers, de sages-femmes, de techniciens de laboratoire ou de volontaires de santé) s’ajoutent des sessions de formation continue, de la supervision et du compagnonnage, afin de mettre à jour et d’améliorer continuellement les savoirs et les pratiques. Chaque formation et remise à niveau donne lieu à des évaluations destinées à en mesurer l’impact à venir sur la qualité des soins. Le volet formation continue, qui nécessite évaluation préalable et évaluation post-formation est un des axes prioritaires d’action.

- Activités préventives
Le volet santé préventive s’applique essentiellement aux femmes enceintes et aux jeunes enfants au travers de sessions d’éducation à la santé, de campagnes de vaccination et du suivi médical des nourrissons et des jeunes enfants (soins post-natals, suivi de la croissance, nutrition, etc.).

- Soins curatifs
Les soins curatifs, dispensés dans des structures de santé soutenues par A.M.I., s’étendent à des consultations généralistes (auprès des habitants des camps et de tout nouvel arrivant), à des consultations spécialisées (soins dentaires, ophtalmologie, etc.) et à des analyses de laboratoire. Ces soins sont dispensés par le personnel des camps et du personnel thaïlandais dans des IPD (inside patient department, chaque camp en abritant un) et des OPD (outside patient department, les camps de Mae La et d’Umpiem en comptant deux, celui de Nupoe, un seul). Les cas les plus complexes, qui ne peuvent être traités dans les structures de santé des camps soutenues par A.M.I., sont référencés vers des hôpitaux thaïs. Cette procédure, nécessaire mais coûteuse, fait l’objet d’un contrôle accru.
Pour lutter plus efficacement contre la tuberculose, le camp de Mae La dispose d’un« TB village », dispositif spécialement dédié à cette problématique.

- Activités transversales
Partie intégrante du volet soins curatifs, les activités transversales ont connu de nouveaux aménagements. Ainsi, l’action de lutte contre le VIH/Sida, qui répond toujours à une approche intégrée (sensibilisation, prévention, dépistage volontaire, traitement (par ARV) et lutte contre la stigmatisation des personnes atteintes du virus) reste concentrée vers les personnes à risques auxquels les dépistages sont essentiellement proposés. En matière de santé mentale (soutien psychosocial pour les personnes souffrant des traumas liés au déplacement et aux conditions de vie, lutte contre les violences conjugales et prévention contre la stigmatisation des personnes souffrant de pathologies mentales), A.M.I. offre des soins et des activités adaptés. AMI applique notamment la méthode SBI (screening and brief intervention), sur les questions d’alcoolodépendance. Suivant cette méthode, les équipes évaluent le degré de dépendance à l’alcool et déterminent, en lien avec le patient, les objectifs comportementaux à atteindre.

- Publications et promotion de la santé
La rédaction du Health Messenger (HM) Thaïlande publie en 2010 un nouvel exemplaire du magazine et poursuit son travail de conception et de diffusion de matériel d’information (fascicules, brochures, etc.) sur la lutte contre le VIH et sur la santé mentale à destination des habitants des camps.


PERSPECTIVES

Pour 2011, A.M.I. entend continuer à s’intéresser à la situation sanitaire des personnes déplacées vivant hors des camps. Des réflexions seront également menées pour articuler davantage les prestations de soins destinées aux habitants des camps au système de santé thaïlandais. Ces deux axes de travail font écho à la volonté d’A.M.I. de renforcer l’inscription dans le moyen/long terme de ses activités.

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Posté le 11 novembre 2010