AFGHANISTAN 10 ans après, les efforts doivent être accentués pour améliorer l’accès à la santé

AFGHANISTAN 10 ans après, les efforts doivent être accentués pour améliorer l’accès à la santé

Il y a dix ans exactement, les Etats-Unis et leurs alliés intervenaient militairement en Afghanistan. Aujourd’hui la situation des afghans reste très précaire. C’est pourquoi, alors que les armées occidentales ont annoncé leur retrait en 2014 et que la communauté internationale prévoit de se réunir avec les autorités afghanes à Bonn le 5 décembre prochain, Première Urgence-Aide Médicale Internationale (PU-AMI) appelle à ne pas se détourner de la population afghane et à augmenter le soutien aux citoyens afghans.

«  Le retrait des troupes ne doit pas aller de pair avec une baisse de l’aide à la reconstruction et de l’aide humanitaire, au contraire. La confusion entretenue entre les activités militaires et les activités humanitaires a longtemps porté préjudice aux actions d’aide. Aujourd’hui si les armées occidentales se retirent, cela ne signifie pas que tout soit réglé. Les afghans ont besoin d’un soutien renouvelé et plus important de la communauté internationale pour poursuivre la reconstruction de leur pays et améliorer l’accès à la santé, un des besoins prioritaires des populations », déclare Frédéric Pascal, responsable des projets de PU-AMI en Asie.

Le système de santé publique est sorti exsangue de ces nombreuses années de conflit. A la chute des Talibans, en décembre 2001, l’accès aux soins pour les populations était désastreux. Les ONG présentes sur place depuis plusieurs décennies travaillaient alors à maintenir une offre minimale de soins aux populations, dans des conditions souvent difficiles. En 2003, le ministère de la Santé, en lien avec les principales institutions internationales, a décidé et mis en place un système de soins de santé essentiels à l’échelle du pays.

A ce jour et depuis plusieurs années, les soins de santé en Afghanistan sont couverts à 80% par des ONG afghanes et internationales. Si les données sont peu précises concernant cet accès aux soins au niveau national, Première Urgence-Aide Médicale Internationale, acteur de la santé depuis les années 80 dans la province de Kunar (Nord-Ouest), peut témoigner des progrès réalisés et des défis à relever. « Certaines pathologies, autrefois considérées comme tabous dans les zones reculées, sont désormais inclus dans le « package » des soins de base : le VIH, la santé mentale et le handicap. Un effort particulier est fourni pour favoriser la présence de femmes parmi les travailleurs de santé. Les femmes ont beaucoup plus facilement accès aux soins et en particulier lors des périodes à risque comme la grossesse et l’accouchement. En 2003 seuls 3% des accouchements étaient réalisés dans des structures de santé, aujourd’hui ce sont 25% des femmes qui bénéficient d’un accompagnement médicalisé lors de l’accouchement. Nous sommes encore bien loin d’une situation satisfaisante mais l’impact de ce système sur la santé des populations en 10 ans est incontestable », déclare Frédéric Pascal.

Il reste de nombreux efforts à fournir. En premier, pour garantir la pérennité du système. La formation des afghans est une étape indispensable pour prévoir un transfert de la gestion des soins de santé des ONG internationales à des organisations locales. Ensuite, pour améliorer la qualité et l’accès aux soins qui restent très variables selon les provinces.

La recrudescence de l’insécurité dans certaines régions du pays a un effet direct sur la santé des populations et sur la qualité des soins fournis. Les structures sont parfois fermées lors de combats, les personnels de santé ne pouvant se rendre sur leur lieu de travail. Certains centres sont parfois directement touchés par des attaques armées. Afin de limiter l’impact sur les populations de cette insécurité grandissante, Première Urgence-Aide Médicale Internationale applique et dans le même temps rappelle les principes qui fondent son action : la neutralité, l’indépendance et l’impartialité vis-à-vis des parties prenantes aux conflits. C’est à leur strict respect que nous devons, depuis plus de 30 ans, de pouvoir mettre en place des actions qui améliorent l’accès aux soins et la santé de populations afghanes parmi les plus vulnérables.

Première Urgence-Aide Médicale Internationale a un seul objectif : permettre aux afghans d’avoir accès à la santé. Pour cela, nous restons vigilants sur l’évolution de la situation dans le pays et surtout sur le degré de soutien qui sera apporté, dans les prochaines années, par la communauté internationale à la reconstruction de ce pays détruit par de nombreuses années de conflit.

Contact Presse : Annabel Hervieu ahervieu@pu-ami.org / 01.55.66.99.64

Note aux rédactions :

• PU-AMI intervient en Afghanistan depuis 1980. Acteur de la santé, l’ONG met en œuvre le système de santé dans la province de Kunar (294 postes et centres de santé qui permettent à 462 000 afghans d’avoir accès aux soins). Elle appuie au développement des laboratoires et pharmacies de deux hôpitaux universitaires de Kaboul et édite le Health Messenger-Salamati, magazine de formation continue des personnels de santé afghans.

• Depuis Avril 2011, Première Urgence et Aide Médicale Internationale, 2 ONG françaises, ont uni leurs forces et leurs compétences pour répondre à l’ensemble des besoins fondamentaux des populations victimes de crises humanitaires. www.pu-ami.org

Posté le 6 octobre 2011