Afghanistan : coordination d’un magazine de formation médicale
Afghanistan : coordination d’un magazine de formation médicale
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Après avoir travaillé pendant quelques années en tant que photo-journaliste indépendant, Simon a fondé son propre magazine et il en a dirigé la publication avec succès pendant sept ans. « La création d’un magazine était une opportunité pour raconter des histoires et parler des gens. Je voulais que les personnes aient un autre point de vue, une autre vision des choses. Un peu comme une alternative à ce qu’on leur dit. Mais aussi parler de sujets et de personnes qui méritent un éclairage et auxquels il est bon de s’intéresser. », affirme-t-il.
Quelques années après le lancement de son magazine trimestriel, Simon a crée une société de communication et d’arts graphiques afin de montrer qu’édition et communication sont fortement liés. « Fonder une agence de communication a été un nouveau défi et m’a permis de pouvoir diffuser des messages à travers la photographie, le graphisme, et les événements publics. »
Malgré le succès de cette initiative, Simon n’appréciait plus l’aspect mercantile de son travail et a donc décidé de retrouver les valeurs dans lesquels il avait grandi en s’engageant dans le secteur social : « Il était temps pour moi de changer. Je voulais utiliser mes compétences pour les personnes qui en ont besoin plutôt que pour les grandes entreprises. »
C’est ainsi que, le 5 février 2010, Simon s’est envolé pour l’Afghanistan en tant que coordinateur de l’Health Messenger Salamati ("bonne santé" en Dari), un magazine de formation médicale continue conçu par A.M.I. à destination des agents de santé locaux. Publié depuis 1994 à Kaboul, le magazine représente un outil de formation reconnu par l’ensemble des acteurs de la santé en Afghanistan. Il est distribué en 25 000 exemplaires dans 34 provinces d’Afghanistan dont 24 000 copies en bilingue dari/pachtou (langues officielles) et 1000 en anglais.
« Quand j’ai lu l’offre d’emploi, je ne pouvais pas y croire. C’était exactement ce que mon expérience m’avait préparé à faire. Je n’avais jamais pensé que je pouvais utiliser mes capacités dans un pays en guerre et contribuer ainsi à apporter des changements et à aider la population. J’ai été particulièrement heureux de découvrir un pays que je ne connaissais qu’à travers les médias. »
Une fois arrivé à Kaboul, Simon a découvert les programmes gérés par les équipes d’A.M.I. sur le terrain. Ayant pour finalité la reconstruction et le renforcement du système de santé afghan dans le long terme, les programmes ont pour objectif spécifique l’amélioration des services de soins de santé primaires (BPHS – Basic Package of Health Services) et secondaires (EPHS – Essential Package of Hospital Services) en lien avec le programme du Ministère afghan de la Santé. « Avant d’arriver en Afghanistan, je ne savais rien de la santé et des soins de santé. J’ai alors compris que le BPHS est le système de santé spécifique des pays en crise. Depuis 2007, le magazine Salamati s’est réorienté vers le public des Community Health Workers (CHW), ou agents de santé, et il représente aujourd’hui le seul outil disponible pour leur formation médicale. Il les aide notamment à améliorer leurs connaissances sur les messages à diffuser auprès de leurs communautés afin de les sensibiliser aux pratiques sanitaires de base. Par exemple, pour les citoyens européens, il est naturel de se laver les mains avant de manger ou après avoir éternué, mais en Afghanistan les gens ne sont souvent pas conscients de ces pratiques d’hygiène en raison d’un manque de ressources et d’éducation à la santé.
L’objectif principal du Salamati est de rappeler les bonnes pratiques pour prévenir les maladies et d’expliquer pourquoi elles sont si importantes. Il faut souligner également que les agents de santé n’ont pas de formation médicale. Ils sont enseignants, policiers, propriétaires de magasins, mollahs, ce sont des gens ordinaires. Chaque numéro du Salamati a été un vrai défi pour moi car il fallait le rendre accessible à toute la population, et donc plus facile à lire et à comprendre. L’alphabétisation en Afghanistan est en effet très faible, surtout parmi la population féminine. Chaque numéro est testé directement sur le terrain auprès des agents de santé pour s’assurer que le contenu et les images soient compréhensibles. A.M.I. distribue le magazine à 22 000 agents de santé communautaires et 20 millions de personnes se rendent dans des postes de santé. C’est un défi énorme à relever. »
En tant que coordinateur du Salamati, Simon travaille également en étroite collaboration avec le Ministère de la santé publique. En harmonie avec la politique du Ministère, ils définissent ensemble les sujets à traiter dans chaque numéro. Le Salamati devient alors le lien entre le Ministère et les agents de santé, et Simon doit s’assurer que ce lien soit clair et compréhensible. « Lorsque les agents de santé me remercient pour la copie du Salamati qu’ils ont reçu, c’est la plus belle partie de mon travail. »
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Posté le 3 mars 2011
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