Birmanie/Myanmar : Les séances d’éducation à la santé ont un impact positif sur les connaissances des populations.

Birmanie/Myanmar : Les séances d’éducation à la santé ont un impact positif sur les connaissances des populations.

Après un DESS en mathématiques appliqués et en informatique, et des expériences professionnelles en marketing, Olivier Cheminat a accompli plusieurs missions humanitaires en tant que statisticien et épidémiologiste, notamment au Niger, en Afghanistan et en République Démocratique du Congo avant de rejoindre Aide Médicale Internationale en tant qu’épidémiologiste. Lors de son dernier passage à Paris, Olivier avait fait état de deux projets d’études sur l’impact des sessions d’éducation à la santé sur le comportement et la santé des individus (voir son témoignage du 26 janvier 2009 à mi-mission).

Comment avez-vous mené ces études ?

Les études ont été menées afin de mesurer l’impact des sessions d’éducation à la santé dans la région du Rakhine et à Dala. Notre objectif est de mesurer les connaissances, les attitudes et les pratiques des personnes à partir d’un échantillon de la population. Nous menons cette étude sur quatre sujets qui sont le paludisme, l’hygiène, les diarrhées, et le VIH.
Pour mesurer la réussite du projet, on mène normalement une enquête sur l’état de la situation avant le démarrage des activités. Dans le cas de ce projet, il n’y avait pas eu d’enquête préliminaire, il n’était donc pas possible de comparer les connaissances des personnes ciblées avant et après. Pour y remédier, j’ai donc constitué deux groupes de 265 personnes chacun. Dans un groupe, les gens n’avaient jamais assisté aux séances d’éducation à la santé tandis que les membres de l’autre groupe y avaient assisté. On a posé les mêmes questions et comparé les réponses. J’ai établi le questionnaire avec le responsable du développement communautaire du Rakhine. Le type de questions qui peuvent être posées porte sur la connaissance des symptômes, du mode de transmission d’une maladie ou d’un virus, et ensuite on réunit les résultats sous forme de pourcentage.
Une employée birmane d’A.M.I. a assuré la formation et le suivi des enquêteurs sur le terrain pendant les deux semaines qu’a duré le recueil des données. Ensuite, nous avons saisi les données, analysé, rédigé le rapport et fait une présentation des résultats aux équipes. L’objectif de ces études est de voir si les activités conduites par les équipes d’A.M.I. sont utiles à la population. Elles servent également à rendre compte aux bailleurs de fonds de l’intérêt des nos programmes et permettent d’ajuster les activités si on se rend compte qu’elles n’ont pas suffisamment d’impact sur les personnes.



Un employé d’A.M.I. pendant une séance d’éducation à la santé

Quels sont les résultats de vos études ?

Les résultats obtenus sont bons, on remarque un impact notable des sessions d’éducation à la santé sur le niveau des connaissances des personnes interrogées. Ces séances sont efficaces au niveau des connaissances car les personnes sont capables de répondre correctement aux questions qui leur sont posées. En revanche, il est très difficile de changer les comportements car davantage de facteurs entrent en compte. Pour vous donner un exemple, on explique aux gens que le paludisme est transmis par les moustiques, et qu’il faut utiliser des moustiquaires pour dormir la nuit. Les gens le savent désormais, mais pour qu’ils en utilisent, c’est plus compliqué. Il faut que le produit soit disponible, que le coût soit abordable, et que les utilisateurs adhèrent à cet objet.

Comment les projets vont-ils s’inscrire dans la durée ?

J’étais responsable d’une équipe de deux personnes que j’ai formées et supervisées. Au cours de ces formations, j’ai présenté l’épidémiologie et comment mettre en place des indicateurs de suivi et d’impact. Nous organisons des sessions de formation pour aider à rendre plus autonome les équipes dispersées dans les bases opérationnelles, celles qui recueillent les données au quotidien. Nous présentons aussi l’échantillonnage, c’est-à-dire la manière dont on va choisir les personnes à interroger pour essayer d’avoir un échantillon représentatif de la population ciblée.

D’une manière globale, on peut observer que la majorité des personnes viennent très volontiers aux séances d’éducation à l’hygiène, ce qui est un point positif pour l’évolution et l’impact des projets menés par A.M.I.
Posté le 29 juin 2009