Birmanie/Myanmar : des activités en faveur des populations vulnérables et des personnes à risque

Birmanie/Myanmar : des activités en faveur des populations vulnérables et des personnes à risque

Ingénieur aéronautique de formation, Samuel Monet a multiplié les expériences humanitaires en Afrique (au Tchad et en République Centrafricaine, à l’occasion de plusieurs missions) avant de rejoindre les équipes d’Aide Médicale Internationale pour devenir responsable de projet à Dala, au Myanmar.

Pouvez-vous expliquer votre rôle en tant que responsable de projet pour Aide Médicale Internationale ?

Le rôle du responsable de projet est de coordonner les activités au niveau régional et de superviser les aspects logistiques et administratifs. Nous travaillons sur la stratégie en collaboration avec le chef de mission. J’ai ainsi assuré le démarrage des projets eau et assainissement sur deux nouveaux townships dans lesquels nous intervenons (Kahwmu et Kongchangone) ainsi que le suivi des projets en cours (eau et assainissement et HIV sur les townships de Dala, Twantay et Sekky khanuangdho).
En tant que responsable de projet, je devais également gérer les activités en collaboration avec les autorités locales, organiser des réunions de coordination entre les équipes et préparer les rapports d’activités pour les bailleurs de fond. Il faut faire preuve de transparence et rendre compte régulièrement de nos activités.

Quels sont les projets que vous supervisez actuellement ?

Dans les deux townships de Kahwmu et Kongchangone, les activités ne portent que sur des projets en eau et assainissement, avec une partie technique et une partie d’éducation à la santé liée à l’hygiène. Nous ciblons les populations les plus vulnérables en termes de logement, de revenu et d’accès à l’eau. Environ 13 700 ménages en sont bénéficiaires.
Le travail des ingénieurs vise à assurer un accès à l’eau et à l’assainissement dans les écoles et les centres de santé. Nous installons et rénovons des collecteurs d’eau, des châteaux d’eau, des puits, et des forages peu profonds. Nous distribuons aussi des containers d’eau, des latrines familiales, et réhabilitons des ponds (ce sont des mares communautaires artificielles dont l’eau est protégée de toute contamination externe et équipée de pompes à eau). Pour chacun des puits creusés et des ponds, un comité de gestion de l’eau est créé pour entretenir les installations et assurer la gestion de l’eau au niveau communautaire.
Tous les bénéficiaires reçoivent des séances d’information à l’hygiène par l’intermédiaire de plus de 150 voluntaries health promoters (VHP) formés et supervisés par A.M.I. Les VHP sont des volontaires identifiés de la communauté qui reçoivent un kit d’éducation à la santé pour ensuite dispenser à leur tour des sessions d’éducation à la santé dans la communauté.

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Des enfants bénéficiaires des activités d’A.M.I. au Myanmar

Quelles sont les autres activités d’A.M.I. dans la région ?

Nous avons aussi un programme VIH qui s’adresse spécifiquement aux populations les plus vulnérables, c’est-à-dire les homosexuels, les travailleurs du sexe, les personnes ayant des conduites ou vivant des situations à haut risque (les chauffeurs routiers, les employés portuaires, les travailleurs journaliers, les familles des personnes vivant avec le VIH/sida…). Les taux de prévalence pour ces populations sont énormes : jusqu’à 60 %de personnes séropositives dans certaines catégories de populations à risque. Le programme est constitué de deux composantes : la partie préventive et la partie clinique.
Pour les activités de prévention, nous avons constitué une équipe de douze health educators qui dispensent des sessions d’éducation à la santé relatives au VIH et aux maladies sexuellement transmissibles, soit directement, soit par l’intermédiaire des pairs éducateurs membres des communautés identifiées à risque qui sont formés et suivis régulièrement par les équipes d’A.M.I. Il s’agit de faire de la prévention, de sensibiliser leurs communautés aux problématiques de prévention du VIH et des MST, de les informer de la présence des cliniques A.M.I. et de réduire la stigmatisation autour du VIH.
Les activités cliniques consistent à dépister et traiter les MST. Nous facilitons le dépistage du VIH par l’intermédiaire des Voluntary Confidential Counselling and Testing, qui sont des centres dédiés au dépistage du sida, où les personnes peuvent obtenir un résultat rapide et des séances de conseil et d’orientation. Nous assurons les suivis des personnes vivant avec le VIH/Sida en fournissant le traitement antirétroviral et le cas échéant, les médicaments contre les maladies opportunistes. Il y a environ 260 patients sous ARV et 800 personnes vivant avec le VIH suivies de manière continue dans les cliniques de Dala, Seikki, Khanuangdho et Twantay (périphérie de Yangon).
Comme les personnes vivant avec le VIH/Sida ont des carences alimentaires, nous assurons, en collaboration avec le Programme alimentaire mondial, la distribution de rations alimentaires (12 kilos de riz, 1,5 kilo de légumineuses, 1 litre d’huile et 150 grammes de sel par mois).

Êtes vous en mesure de déterminer si ces activités ont un impact sur la santé des populations ?

L’impact est limité aux personnes dont les domiciles ne sont pas trop éloignés des cliniques, en raison des contraintes de transport. La majorité des personnes qui se présentent au centre de santé vivent dans le quartier ou aux alentours des bases d’A.M.I.
Les relations d’A.M.I. avec la population sont bonnes car nous travaillons dans la région depuis sept ans. Nous avons tissé des liens avec la communauté grâce au programme eau et assainissement, et l’impact de nos activités est reconnu par l’ensemble de la population. La qualité de ces relations permet à nos programmes de s’ancrer dans la réalité des habitants et de contribuer effectivement à l’amélioration de leur situation sanitaire.
Posté le 16 juillet 2009