Coordinateur-administrateur financier en Afghanistan : gestion et supervision au service de la mission.

Coordinateur-administrateur financier en Afghanistan : gestion et supervision au service de la mission.

Après une formation de gestionnaire en petites et moyennes entreprises, Nicolas Karadjian a travaillé pendant plus de sept ans dans le secteur privé. Fort de cette expérience, il a ensuite mis en œuvre ses compétences lors de missions en Inde, au Cameroun, au Burundi, à Madagascar et au Mali avant de rejoindre les équipes d’Aide Médicale Internationale après cinq années d’expérience auprès d’ONG internationales.

Pouvez-vous nous décrire vos fonctions en tant que coordinateur administratif ?

Mes fonctions sont réparties selon trois domaines : l’administration, la finance et les ressources humaines.
L’aspect administratif présente beaucoup de diversité. Il s’agit par exemple d’établir et de conserver un contact avec les autres ONG actives dans la zone, d’assurer les délégations de pouvoir, de remplir le rôle de représentant de l’association (le poste de chef de mission pour l’Afghanistan est vacant en ce moment), de contacter les bailleurs pour suivre avec eux les financements en cours et de faire le suivi de notre mission en Inde puisque nous devons enregistrer l’association auprès des autorités afin de respecter la loi du pays.
Au niveau financier, la mission d’A.M.I. étant l’une des plus importantes en termes de budget annuel (cinq millions d’euros), ce volet représente une grande partie de mon travail. C’est un travail important et prioritaire en fonction des différents contrats des bailleurs durant ma mission. J’ai essentiellement travaillé sur cet aspect financier durant ces six derniers mois.
Enfin, l’aspect ressources humaines est certainement le plus délicat, compte tenu du nombre considérable de personnel local que nous gérons (plus de 1 000 personnes) et d’un programme étendu sur trois provinces en même temps. Il y a un responsable des ressources humaines qui est un membre du personnel national travaillant pour A.M.I. depuis longtemps, c’est donc lui qui gère le personnel et le recrutement après ma validation. J’interviens pour la signature des contrats, le respect de la législation afghane du travail, la bonne observation des procédures, mais aussi pour l’élaboration de nouvelles procédures tel que le règlement intérieur de la mission en Afghanistan et l’organisation des équipes du programme.
Aujourd’hui, toutes ces relations de travail sont transformées par le fait que la base de coordination d’A.M.I. n’est plus en Afghanistan, mais en Inde (pour des raisons de sécurité, les expatriés travaillent depuis leur bureau en Inde et se rendent régulièrement à Kaboul). Si l’essence du travail est inchangée, ses modalités ont sensiblement changé.

Justement, le fait que vous soyez basé en Inde et non directement sur le terrain change-t-il votre manière de travailler ?

La première conclusion que je peux vous donner est que c’est une bonne expérience dans le sens où cet état des choses nous oblige à anticiper et à travailler différemment. Travailler à distance demande une certaine finesse d’esprit car il est nécessaire de créer de nouveaux outils de travail pour anticiper et aller chercher de l’information avant qu’un événement ou un problème se produise. Ces échanges renforcent la cohésion de l’équipe.
Nous avons la chance d’avoir un staff national qui travaille pour A.M.I. depuis de nombreuses années : l’équipe sur place a des compétences solides. Ainsi, même si nous travaillons à distance, nous savons que nous pouvons compter sur eux dans une bonne mesure.
Ensuite, nous avons des contacts réguliers par téléphone, par mails…, et dès que le contexte sécuritaire nous le permet, nous nous rendons sur place pour rencontrer les équipes.
Au quotidien, ce travail à distance permet de se concentrer plus longtemps sur des dossiers car les sollicitations du personnel local sont moins fréquentes. En revanche, quand nous sommes en visite à Kaboul, il faut se préparer à beaucoup d’attentes de la part des équipes nationales et à beaucoup de sollicitations sur une période de temps d’autant plus restreinte. Cette situation est l’occasion de développer des ressources différentes. Néanmoins, je pense que selon la situation sécuritaire en Afghanistan, il sera opportun d’envisager un retour sur Kaboul dès que cela sera possible.

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Une clinique à Jabulseradj
Posté le 22 juillet 2009