Entretien avec Karine Betemps, Chef de mission en Afghanistan

Entretien avec Karine Betemps, Chef de mission en Afghanistan

Après des études et plusieurs années de travail en France dans le secteur social, ainsi qu’une formation en management, Karine Betemps entame son parcours professionnel dans le milieu humanitaire. Sa première rencontre avec Aide Médicale Internationale remonte à 2005 quand, recrutée en tant que Project Manager, elle part pour une mission de deux ans en Afghanistan, dans la province de Samangan. Ensuite, après une mission d’évaluation de trois mois au Nord-Kivu (RDC), elle devient chef de mission au Yémen de 2008 à 2009, toujours pour A.M.I. Puis, fin 2009, Karine s’engage pour partir à nouveau en Afghanistan en tant que chef de mission (CDM). Aujourd’hui, après un an sur place, elle rend visite au siège pour débriefer avec les différents services.

Son rôle au sein de la mission est très important et complexe. Elle s’occupe, entre autres, de la coordination et supervision de toutes les activités, de la gestion des ressources humaines expatriées et aussi de la sécurité des équipes sur le terrain. De plus, elle représente A.M.I. devant les bailleurs, les autorités nationales, les autres ONG, la population, et tous ceux qui sont impliqués, directement ou indirectement, dans la mission. Elle est également chargée de rechercher des nouveaux projets pour le développement des activités.

« Les projets actuellement mis en place en Afghanistan portent sur trois programmes. Dans la province de la Kunar, nous avons développé un programme de soins de santé primaires selon les directives de la politique sanitaire du Ministère afghan de la santé. Il s’agit de poursuivre les activités du BPHS (Basic Package of Health Services) et de l’EPHS (Essential Package of Hospital Services). Grâce aux financements de la Commission européenne et de la Gavi (Global Alliance for Vaccines and Immunisation), A.M.I. peut gérer 34 centres de santé et l’hôpital provincial de référence, ainsi qu’une clinique mobile qui assure un support médical dans les zones les plus isolées.

Dans le cadre du BPHS, nous réalisons également un programme de lutte contre la malnutrition des enfants de moins de 5 ans, des femmes enceintes et de celles qui allaitent via une approche communautaire, le CMAM (Community-Based Management of Acute Malnutrition). Il s’agit, en effet, de mobiliser les Community Health Workers (CHW), c’est-à-dire des villageois recrutés et formés par A.M.I. pour prendre le rôle d’éducateurs sanitaires au sein de la communauté. Dans le cadre du programme contre la malnutrition, ils sont chargés de détecter d’abord les cas de malnutrition au sein de populations ciblées, de fournir des séances d’éducation à la santé et à la nutrition et de référer, si besoin, les cas les plus graves de malnutrition au centre de santé le plus proche. L’objectif principal du programme est de détecter les symptômes de la maladie pour pouvoir la soigner, mais surtout de la prévenir.

AMI, en coordination avec le MoPH, est chargé d’assurer l’ensemble des aspects des programmes BPHS et EPHS : recrutement, supervision, formation et évaluation des personnels de santé afin de garantir la qualité des soins prodigués à l’ensemble de la population de Kunar, soit plus de 400 000 habitants.

Le deuxième projet d’A.M.I. est la création et diffusion du Health Messenger/Salamati, une revue médicale destinée principalement aux CHW de tout le territoire afghan dans l’objectif de leur offrir une formation adaptée et continue. Le Salamati est aussi un support complémentaire au magazine Roghtia qui, diffusé par le Ministère pour le personnel sanitaire de tout le pays, est financièrement et techniquement supporté par A.M.I. La diffusion nationale du Salamati est assurée grâce aux agences de distribution et aux nombreuses ONG sur place. Actuellement, nous avons lancé une étude pour vérifier l’impact du Salamati sur la population de quatre provinces afghanes. À l’heure actuelle, environ 400 CHW ont étés interviewés pour la compilation d’un questionnaire et nous attendons les résultats prochainement.

Le troisième et dernier projet porte sur le soutien technique aux laboratoires de deux hôpitaux universitaires de Kaboul. Il a été conçu dans le but d’améliorer la qualité des analyses de laboratoire au moyen de la formation pratique continue des laborantins et des biologistes. Malheureusement, l’engagement des bailleurs du projet labo s’achève en février 2011, mais nous espérons trouver un financement pour les trois prochaines années afin de poursuivre les activités. Une évaluation externe a eu lieu fin 2010 dans le but de mesurer la qualité du projet selon les résultats obtenus grâce à la formation. »



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Posté le 17 février 2011