Haïti : Port-au-Prince, sept semaines après le séisme, état des lieux des programmes d’A.M.I.
Haïti : Port-au-Prince, sept semaines après le séisme, état des lieux des programmes d’A.M.I.
Sept semaines après le séisme (qui a frappé Haïti le 12 janvier dernier), les organisations humanitaires sont toujours à pied d’œuvre auprès des habitants de Port-au-Prince et des environs. Les conditions de vie des Haïtiens victimes de la catastrophe sont toujours particulièrement difficiles et les besoins sanitaires comptent parmi leurs préoccupations premières.

- Vue du quartier de Granravine
L’action d’urgence repose essentiellement sur le travail de cliniques mobiles qui sillonnent le quartier de Martissant, où vivent près de 250 000 personnes. Initialement au nombre de deux, les cliniques mobiles A.M.I. sont, depuis le 23 février, au nombre de six. Le renfort de nouveaux expatriés et de personnel haïtien a permis le développement du dispositif. Les six équipes mobiles, composées de cinq personnes chacune, assurent des soins de santé primaires et des vaccinations. L’objectif fixé, en coordination avec le ministère haïtien de la Santé, est de vacciner 20 000 personnes, notamment des enfants de moins de sept ans (contre la rubéole, la rougeole, la coqueluche, etc.) et des enfants de plus de sept ans. Les séances de vaccination sont aussi l’occasion de distribuer vitamines et vermifuge et, aux mères, de donner du lait enrichi afin de lutter contre la malnutrition des jeunes enfants.
Le programme enfants et jeunes des rues (en cours depuis 2004) a été fortement impacté par le séisme. L’équipe du programme a rapidement voulu reprendre contact avec les enfants. Si le contexte a rendu cette démarche difficile, désormais, une des cliniques mobiles se rend dans des centres d’accueil pour enfants (Lacay, Gantier, Lakou, Kafa, etc.) et dans certaines « bases » (lieux de rassemblement de ces jeunes : base cimetière, et – dans les jours à venir – bases aéroport, carrefour, clercine).
Enfin, le programme SOG, qui avait tout juste débuté en début d’année, se poursuit. Un travail d’identification des acteurs engagés sur l’accompagnement des femmes enceintes a été entrepris afin de savoir si le séisme avait désorganisé les réseaux de matrones, mambos, etc. présents sur la zone. Si la population de Martissant est stabilisée (à savoir, s’il n’y a pas trop de déplacements d’habitants), une étude connaissances attitudes pratiques va être menée auprès des femmes en âge de procréer avant d’enclencher les premières actions d’information et de sensibilisation sur la grossesse et l’accouchement.
Anne Dutrey-Kaiser, responsable programme au siège, le rappelle : « Au-delà des actions d’urgence que nos équipes mènent, nous travaillons à adapter les actions qui préexistaient (programme enfants des rues et programmes SOG) au nouveau contexte. Notre objectif est que l’ensemble de nos interventions soient complémentaires les unes des autres ». Ainsi, l’essentiel des actions se déroule dans Martissant (le travail auprès des enfants des rues conduit cependant les équipes à se rendre dans d’autres zones de la capitale haïtienne). « Par ailleurs, ayant constaté que le nombre de cliniques fixes opérationnelles dans la zone est extrêmement réduit (deux ou trois), nous allons proposer au ministère de la Santé d’aménager le centre médico-social du programme enfants et jeunes des rues pour le transformer en clinique de niveau 2 » (pour mémoire, dans le cadre de l’Emergency Medical Response, le ministère haïtien de la Santé a opéré une classification des structures de santé en 3 niveaux, depuis l’équipe mobile légère jusqu’à la structure hospitalière de référence). La volonté des équipes, sept semaines après la catastrophe, est d’adapter les actions pour répondre au plus près aux besoins des populations.
Posté le 4 mars 2010
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