Haïti : implantation du programme de soins obstétricaux gratuits dans les réseaux communautaires
Haïti : implantation du programme de soins obstétricaux gratuits dans les réseaux communautaires
Diplômée de l’IEP de Toulouse, Sophie s’est spécialisée en ingénierie des services urbains en réseaux dans les pays en développement à l’IEP de Rennes. Elle a effectué un stage au Mexique sur un programme « eau et assainissement », puis s’est rendue à Douala (Cameroun) pendant deux ans et demi sur un projet du même type avec la GTZ (coopération allemande). En février 2010, elle a rejoint les équipes d’A.M.I. comme responsable du développement communautaire pendant quatre mois en Haïti.Sur quel programme avez-vous travaillé et quel était l’objectif de votre mission ?
Je suis intervenue dans la phase de démarrage du programme de soins obstétricaux gratuits mis en place par A.M.I. à Martissant, un bidonville de Port-au-Prince. Accompagnant la politique de santé publique du gouvernement haïtien (accès à des soins gratuits et de qualité pour tous), les équipes d’A.M.I. ont construit une clinique obstétricale qui est opérationnelle depuis fin juillet.
Mon rôle était d’élaborer une stratégie d’implantation de ce programme dans les réseaux communautaires. Afin de favoriser la compréhension et l’adhésion des populations à ce projet, A.M.I. privilégie l’approche participative et concertée en associant étroitement les populations locales dans la conception et la gestion de ses activités. J’ai donc formé des « habitants relais » ou « animateurs communautaires » qui seront parties prenantes dans la diffusion des messages de sensibilisation, de prévention et d’éducation à la santé et à l’hygiène ainsi que d’autres pratiques de mobilisation sociale (concertation, approche participative, etc.).
Quelles ont été les différentes étapes de mise en place de cette stratégie de développement communautaire ?
J’ai d’abord cherché à mieux comprendre le quartier de Martissant, son identité et le fonctionnement de son système de santé. Pour cela, j’ai fait de nombreuses recherches bibliographiques avant d’aller à la rencontre d’acteurs locaux associatifs, communautaires et publics.
J’ai ensuite formé des animateurs communautaires à l’élaboration d’études CAP (connaissances, attitudes, pratiques). Cet instrument participatif de planification et d’évaluation stratégiques permettra d’analyser les pratiques en santé materno-infantile, de construire une base de données des bénéficiaires visés et d’identifier les priorités en termes de sensibilisation et de prévention. Le fait que ces enquêtes soient réalisées par les équipes haïtiennes nous assure une plus grande fiabilité des résultats. Elles seront chargées d’interroger les femmes de leur quartier sur divers thèmes comme les pratiques d’allaitement, l’hygiène, la santé, la nutrition, etc.
Une autre étape importante de ma mission était d’établir des partenariats solides avec les structures de santé existantes, les agents de santé locaux et les autres acteurs humanitaires présents sur la zone. Avant mon départ, j’ai organisé une réunion avec les 17 ONG présentes à Martissant et ses alentours. L’objectif était d’établir des contacts, d’en savoir davantage sur l’organisation de chacun et de voir par quels moyens nous pourrions améliorer la coordination de nos actions et organiser notre travail en complémentarité. J’ai également identifié les réseaux d’accoucheuses avec lesquels nous seront amenés à collaborer.
Avez-vous amorcé le travail d’information sur l’ouverture de la clinique ?
Le 9 mai dernier, une réunion a eu lieu avec 65 notables - considérés comme les « sages », les conseillers des quartiers - et les élus locaux. Celle-ci a permis d’amorcer le travail de diffusion de l’information sur l’ouverture de la clinique. Beaucoup de questions ont été posées sur A.M.I., son positionnement, ses projets et plus particulièrement sur son programme de soins obstétricaux gratuits. Ils se sont montrés très réceptifs. Cela étant, nous préférons attendre que la clinique obstétricale soit en mesure d’accueillir les patients avant de relayer l’information auprès des associations de quartier et des populations concernées.
Les travaux de construction de la clinique obstétricale sont terminés. Un médecin obstétricien est parti sur la mission début d’août pour assurer le recrutement et la formation du personnel local. Sophie a rejoint la mission pour deux mois supplémentaires dès le 10 août dernier afin de mettre en pratique la stratégie qu’elle a élaborée durant ces quatre premiers mois.
Posté le 2 septembre 2010
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