Haïti : réponse du programme « Santé Martissant » à l’urgence due au séisme

Haïti : réponse du programme « Santé Martissant » à l’urgence due au séisme

Quelques heures après le séisme du 12 janvier 2010, les équipes d’A.M.I., déjà présentes sur place pour le projet d’assistance médicosociale auprès des enfants et jeunes des rues (EJDR) à Port-au-Prince, a su adapter ses activités au nouveau contexte. Comme dans beaucoup de quartiers populaires de cette zone métropolitaine, la population de Martissant a connu une forte croissance démographique qui n’a pas été soutenue par une stratégie urbanistique adaptée. Les conditions de vie caractérisées par la pauvreté, la promiscuité, la pollution, le manque d’hygiène et la sous-alimentation, ainsi que la sous représentation du système de santé, ont été exacerbées par le séisme.

Nutritionniste et diététicien de formation et congolais d’origine, Mwenelwata Wilondja Christophe a une maîtrise en santé publique et une spécialisation comme coordinateur de projets, ainsi que plusieurs années d’expérience dans le domaine de l’humanitaire à son actif. Ses expériences l’amènent à devenir coordinateur des œuvres médicales et, ainsi, gestionnaire de structures sanitaires. C’est à cette occasion que Christophe fait sa première rencontre avec les équipes d’A.M.I. Après six mois sur le terrain, il achève aujourd’hui sa mission en Haïti pour Aide Médicale Internationale en tant que responsable du programme « Santé Martissant ».


En quoi consiste plus précisément le programme « Santé Martissant » ?
« Il s’agit d’un dispositif intégré composé de cliniques fixes et de quatre équipes mobiles qui sillonnent le quartier de Martissant et ses environs afin de faciliter l’accès à des soins de santé primaire aux populations affectées par le séisme. Au-delà de la première phase d’urgence, l’objectif est l’implantation pérenne de structures de santé de qualité. Ce programme intègre également un dispositif de soins obstétricaux gratuits (SOG), initié à la fin de l’année 2009. La mise en place d’une clinique SOG, initialement prévue au début de l’année 2010, s’est brusquement interrompue le 12 janvier 2010. Le séisme a conduit les équipes d’A.M.I. à concentrer leurs actions et tous leurs moyens au rétablissement de l’accès aux soins de santé primaire des populations affectées. La clinique obstétrique n’est donc opérationnelle que depuis le 2 août 2010. Le personnel local, formé et encadré par A.M.I., est à l’oeuvre, en lien avec les réseaux communautaires pour permettre aux femmes du quartier d’accoucher dans des conditions sanitaires acceptables. Tous les jours nous enregistrons six à huit accouchements. Avec une douzaine de lits, la clinique a une capacité insuffisante à contenir une demande de plus en plus élevée. Pour cette raison nous avons réduit les activités de sensibilisation mises en place pour faire connaître le programme SOG aux futures mères. Par ailleurs, un réseau de treize matrones (accoucheuses traditionnelles) a signé un partenariat avec A.M.I. pour qu’elles référencent à la clinique les grossesses à terme. Cette stratégie vise à réduire les accouchements à domicile étant donné que nous n’avons pas de garantie sur les conditions dans lesquelles ils se font. Nous avons également prévu des séances de sensibilisation pour que les matrones puissent suivre les femmes à domicile dans la phase qui précède l’accouchement. »


Au sein de ce programme, quel est votre rôle et quelles sont vos responsabilités ?
« En tant que responsable du programme « Santé Martissant » je suis garant de la bonne mise en œuvre du projet sur l’ensemble de son cycle. Je surveille, notamment, la planification, l’exécution et le suivi de toutes les activités. Deuxièmement, je m’occupe de la coordination avec l’équipe A.M.I., les partenaires et les bailleurs de fonds et de la gestion des ressources humaines locales. L’objectif de mon poste est donc d’harmoniser le travail de l’ensemble du personnel impliqué dans le programme. Vers la fin de ma mission, une forte épidémie de choléra a touché les départements de l’Artibonite et du Plateau Central. La planification des activités du programme « Santé Martissant » a été encore une fois bouleversée par les événements. Nous avons organisé des activités de sensibilisation de la population pour éviter la propagation de la maladie. Nous sommes en train de mettre en place une Unité de Traitement du Choléra avec le Ministère de la Santé Publique et de la Population. Pour que l’Unité soit opérationnelle et efficace, la priorité actuelle est la formation de personnel médical. En tant que congolais je connais très bien le choléra, maladie qui avait complètement disparue d’Haïti. Mais le personnel haïtien est paniqué et ne sait pas comment faire face au problème. C’est pour cette raison qu’AMI, comme d’autres organisations humanitaires, met l’accent sur la formation du staff national et sur la sensibilisation communautaire.

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Posté le 24 novembre 2010