Haïti : ouverture d’une clinique obstétricale à Port-au-Prince

Haïti : ouverture d’une clinique obstétricale à Port-au-Prince

En 2000, les États membres des Nations Unies ont adopté huit objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) à atteindre d’ici 2015. Parmi eux figurent la réduction de la mortalité des enfants de moins de cinq ans et l’amélioration de la santé maternelle. À ce jour, ces deux objectifs sont loin d’être atteints. Chaque année, entre 300 000 et 500 000 femmes meurent à cause de complications liées à la grossesse ou à l’accouchement. 99 % de ces décès ont lieu dans les pays en développement.

En Haïti, les données concernant la mortalité infantile et maternelle témoignent de l’insuffisante prise en charge des grossesses. Au 1er janvier 2009, le taux de mortalité infantile était évalué à 59,69 ‰ naissances (contre 3,33 ‰ en France).
Selon le ministère haïtien de la Santé publique et de la Population, 2 900 femmes et jeunes filles meurent chaque année suite à des complications liées à la grossesse et à l’accouchement. Aujourd’hui, un grand nombre de ces décès pourrait être évités. Face à ce constat, les équipes d’A.M.I ont décidé d’agir dans le quartier de Martissant, un bidonville de Port-au-Prince. Les causes de mortalité materno-infantile y sont exacerbées en raison de l’éloignement des centres de santé et du coût trop élevé des soins obstétricaux (consultations, médicaments et déplacement) au regard des capacités financières des habitants.

La mise en place d’une clinique dédiée aux soins obstétriques était initialement prévue pour début 2010, mais le violent tremblement de terre du 12 janvier a conduit les équipes d’A.M.I. à concentrer leurs actions et leurs moyens au rétablissement de l’accès à des soins de santé primaires pour les populations affectées par le séisme. Le programme est aujourd’hui relancé, parallèlement aux activités de post-urgence. Afin de participer à l’effort de diminution de la mortalité materno-infantile à Port-au-Prince, l’un des enjeux majeurs est de renforcer l’accès aux soins de santé maternelle. Accompagnant la politique de santé publique du gouvernement haïtien, A.M.I. propose de fournir des soins obstétricaux à Martissant. À travers la gratuité des soins, ce projet participera, à terme, à l’organisation progressive d’une protection sociale en Haïti.

File d’attente pour une consultation

Le programme, actuellement en cours de mise en œuvre, nécessite un long travail en amont. Après avoir identifié les locaux destinés à la mise en place de la clinique obstétricale, celle-ci est en cours de réhabilitation par les équipes d’A.M.I. Elle sera ensuite approvisionnée en médicaments et en équipements médicaux et devrait être opérationnelle à la fin du mois de juin. Une autre étape importante est de mobiliser la communauté en relayant l’information sur la mise en place de ce programme auprès des associations de quartier, des partenaires locaux et des populations concernées, etc. L’ensemble des acteurs locaux est conscient du besoin réel en matière d’accès à la santé maternelle et est très réceptif à l’ouverture de cette clinique.

Une fois la clinique opérationnelle, les interventions d’A.M.I. s’étendront sur deux axes : des soins préventifs et des soins curatifs qui seront dispensés aux femmes en âge de procréer, aux femmes enceintes et aux enfants de moins de 12 mois. Un accent particulier sera mis sur le renforcement des capacités locales, l’implication et la mobilisation des partenaires locaux et des communautés. Il s’agit de favoriser la pérennisation des résultats, l’appropriation durable des bonnes pratiques sanitaires, hygiéniques et nutritionnelles et l’amélioration de la santé reproductive.
Bénéficiaires
Bénéficiaires indirects : la totalité des habitants des zones de Martissant, soit 100 000 personnes.
Bénéficiaires directs : 30 434 personnes.

Objectifs
Nombre d’accouchements attendus sur une année : 3 825
65 % des femmes enceintes sont prises en charge
40 % des accouchements également
50 % des nourrissons sont vus en consultations post-natales
80 % des femmes en âge de procréer participeront aux activités d’éducation à la santé

A.M.I. soutient la campagne « Non-assistance à mère en danger » initié par Oxfam France, Médecins du Monde, Action for Global Health et Avocats pour la Santé dans le Monde.
Posté le 8 juin 2010