Haïti : une responsable éducative témoigne.
Haïti : une responsable éducative témoigne.
Sheila, responsable éducative au sein du programme Enfants et jeunes en situation de rue en Haïti, revient sur l’action d’AMI, et sur le travail entrepris spécifiquement auprès des jeunes filles.Les jeunes filles en situation de rue constituent, avec les enfants et des PVVIH (personnes vivant avec le VIH), une population extrêmement vulnérable. Des dispositifs et activités spécifiques ont donc été mis en œuvre à leur intention. Par ailleurs, elles sont prioritaires sur les stages hygiène et garderie, car nous estimons que l’exercice de leur responsabilité de mère peut être renforcée par de telles formations.
Quels sont les critères de sélection des stagiaires ?
Pour être éligible au programme de stage, le jeune doit répondre aux critères suivants :
En quoi consiste le soutien d’AMI à ces jeunes filles ?
C’est un véritable contrat pédagogique, basé sur un engagement moral fort, qui nous lie à ces jeunes filles, qui reçoivent une indemnité mensuelle, un repas par jour et peuvent confier leurs enfants à la crèche AMI quand elles viennent au centre médico-social de proximité (CMSP).
Le soutien d’AMI aux jeunes filles des rues prend notamment la forme de stages, organisés autour d’un programme de suivi : suivi étroit des jeunes filles enceintes et séropositives par l’équipe médicale, et suivi étroit des enfants de moins de 6 ans des jeunes filles stagiaires. Le stage est animé par un tuteur/éducateur, qui organise, entre autres activités, des formations sur les questions d’hygiène alimentaire et corporelle, et sur les notions essentielles de l’économie sociale et familiale, pour apprendre aux jeunes filles à gérer les indemnités qu’elles reçoivent. Enfin, un suivi psychologique ponctuel peut être entrepris en cas de nécessité.En quoi les stages proposés aux jeunes filles en situation de rue peuvent-ils les aider à se construire un avenir meilleur ?
L’indemnité qui leur est versée aujourd’hui a permis à deux d’entre elles d’envoyer leurs enfants à l’école maternelle, et trois ont pu se payer un loyer. Quelques autres se préparent aujourd’hui à aller à Calvaire pour la fête de Pâques. Cette année, elles n’iront pas pour mendier, mais pour vendre des bougies, confectionnées dans le cadre d’une activité autonome qu’elles ont créée avec leur indemnité mensuelle de stage. À travers toutes ces démarches, qui représentent de véritables avancées, les jeunes filles posent elles-mêmes les bases de leur réinsertion.
Propos recueillis par Delphine Magre, chef de mission Haïti.
Posté le 18 mars 2008


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