25 avril 2009 : Journée internationale du paludisme

25 avril 2009 : Journée internationale du paludisme

Une maladie grave qui peut être évitée par des moyens simples de prévention

La Journée mondiale du paludisme offre l’opportunité de faire état de la situation dans le monde, des avancées en matière de recherche médicale et de mobiliser les citoyens autour de cette maladie et des problématiques qui y sont liées. Le paludisme est une maladie parasitaire qui se transmet d’humain à humain par l’intermédiaire d’un moustique vecteur (l’anophèle femelle). Une fois le parasite (plasmodium) transmis à une personne, les symptômes les plus fréquents de la maladie sont successivement frissons, chaleurs et sueurs. Le paludisme peut être traité efficacement s’il est diagnostiqué à temps. La plupart des traitements dispensés sont à base d’artémisinine, employée en combinaison (ACT).
Les moustiques vecteurs du parasite sont surtout présents dans les régions humides et chaudes. Il y a un risque d’exposition à l’infection soit de manière continue, « l’endémie palustre », pour les populations qui vivent en permanence dans des régions humides, des zones de marécages ou d’eau stagnante, soit de manière saisonnière, ce sont les « saisons du paludisme » lors de la saison des pluies. Ces moustiques sont présents surtout au crépuscule et pendant la nuit. De plus, les épidémies de paludisme peuvent être déclenchées par les conditions climatiques et aggravées par des déplacements de populations et des inondations.

Une localisation géographique qui tend à évoluer

Le paludisme touche principalement les régions situées en Afrique subsaharienne et en Asie. Dans ces régions, entre 350 et 500 millions de personnes sont infectées chaque année . C’est pour cette raison que cette maladie passe souvent inaperçue aux yeux du grand public dans les pays du Nord. Selon l’Organisation mondiale de la santé, c’est une maladie endémique dans 109 pays. Plus de la moitié de la population de la planète, soit 3,3 milliards d’êtres humains sont susceptibles d’être atteints. Le paludisme est l’une des premières causes de mortalité dans les pays en développement (avec la tuberculose et le VIH/sida). Le paludisme présente la particularité d’être guérissable. Il est donc tout à fait possible de réduire la mortalité et la morbidité dues au paludisme dans les pays où la maladie est endémique en agissant notamment à deux niveaux : la prévention et le traitement. Aide Médicale Internationale est d’ores et déjà engagée sur ces deux fronts d’action. _ Un problème majeur est que le traitement du paludisme peut entraîner des pharmacorésistances, soit parce que la personne infectée a déjà pris le traitement, soit parce que le traitement a été mal utilisé auparavant et qu’une partie de la population y devient résistante sans même l’avoir déjà pris (l’erreur de diagnostic la plus fréquente consiste à administrer des antipaludiques à une personne dès qu’elle présente des symptômes cliniques qui s’apparentent à ceux du paludisme, par exemple la fièvre).
Le paludisme est longtemps resté une préoccupation des pays au climat chaud et humide, or un des effets du réchauffement climatique est l’apparition de maladies dans des régions jusqu’à lors épargnées. Il n’est pour l’instant pas possible d’assurer que le réchauffement climatique a un effet potentiel sur la propagation du paludisme en raison d’une hausse de la température dans des régions tempérées d’Europe et d’Asie (en revanche, il pourrait y avoir un lien avec le niveau de précipitations), mais il est évident que le paludisme peut se propager dans des lieux jusqu’à lors exempts par les voyageurs et la mondialisation des échanges de marchandises.

Les femmes enceintes et les enfants, des groupes plus touchés par le paludisme

Certaines catégories de la population sont plus vulnérables au paludisme. Il existe un risque accru pour les femmes enceintes à la fois pour la mère et pour l’enfant. Lorsqu’une femme enceinte contracte le paludisme, elle risque de faire une fausse couche, mais également dans 10 % à 50 % des cas (selon la gravité de la crise) de décéder. Les autres conséquences peuvent être un retard de croissance du fœtus, ou la mort du nouveau né (estimée à 200 000 par an). Il est donc important que toutes les femmes enceintes vivant dans des pays où le paludisme est endémique aient à disposition un traitement préventif.
Outre les traitements médicamenteux, la prévention du paludisme peut être faite à partir de moyens simples comme la distribution de moustiquaires imprégnées de répulsif et la pulvérisation d’insecticide à effet rémanent à l’intérieur des habitations (recommandation de l’OMS) .

Un impact sanitaire et économique qui nuit au développement

Outre les conséquences sanitaires de la maladie, il existe aussi des conséquences économiques qui peuvent conduire à un retard de croissance et à un manque à gagner annuel des pays touchés. La pauvreté est une cause du paludisme et le paludisme à son tour génère de la pauvreté en affectant économiquement les systèmes et en limitant les réponses du secteur de la santé en termes de traitement de l’infection. Ainsi, dans les pays qui connaissent la plus forte prévalence, plus de la moitié des dépenses de santé publique, des hospitalisations et des consultations externes sont consacrées à des cas de paludisme. On voit bien à quel point le paludisme est un fardeau économique pour les populations des PED. Il génère même un retard de croissance économique de 1,3 % (soit 12 milliards de pertes par an en Afrique). Les populations ont besoin d’être dans les meilleures conditions de vie et de santé pour avoir des chances optimales de se développer.
Tant que des maladies telles que le paludisme, qui sont guérissables et évitables en grande partie, continueront d’accaparer les ressources financières et sanitaires des PED, elles constitueront un frein au développement. Pourtant il est possible d’éliminer, voir d’éradiquer le paludisme, comme ce fut le cas en Tunisie, aux Emirats arabes unis et aux Maldives.

Les besoins estimés pour les prochaines années pour le contrôle et l’élimination du paludisme sont de 6,2 milliards de dollars pour 2009 et 2010. Mais ces chiffres seront décroissants dans les années à venir pour arriver à une moyenne de 1,5 milliards de dollars par an d’ici 2040 . Il s’agit donc de consentir un gros effort financier aujourd’hui pour que le paludisme ne soit plus un problème récurrent pour les générations de demain.

A.M.I est membre de la Coalition française de lutte contre le paludisme, qui a pour but de mutualiser les efforts entrepris pour la connaissance de cette maladie et d’accroître les ressources mobilisées pour lutter contre ce fléau.
Le paludisme tue aujourd’hui plus qu’il y a 40 ans, pourtant tous ces décès sont évitables. Un million de personnes (dont 80 % sont des enfants de moins de 5 ans) décède chaque année des suites d’une crise de paludisme. Cela a inspiré la création de la journée mondiale du paludisme qui se déroule chaque année le 25 avril. Cette journée qui avait lieu auparavant uniquement sur le continent africain est depuis deux ans mondiale. Cela marque la nécessité de prendre conscience au niveau international de la gravité de cette infection autant en terme de population touchée que de conséquences sur le développement des pays.

Bibliographie :

Plan d’action mondial contre le paludisme, Partenariat Faire reculer le Paludisme (Roll Back Malaria), Genève 2008.
Paludisme, Aide mémoire n°94, Organisation mondiale de la santé, janvier 2009.
Eliminer la pauvreté, Objectifs pour le millénaire 2015, Objectif n°6 : Combattre le VIH/sida, le paludisme et d’autres maladies, fiche d’information, septembre 2008.
Roll Back Malaria, Surveillance et évaluation. Stratton L., O’Neill M., Kruk M., Bell M., « The persistent problem of malaria : Addressing the fundamental causes of a global killer », Social Science and Medicine 67 (2008).

Sites Internet :
Coalition contre le paludisme : http://www.coalitionpaludisme.org
Partenaire faire reculer le paludisme/ Roll Back Malaria : http://www.rbm.who.int

Notes :
1. Plan d’action mondial contre le paludisme, Partenariat Faire reculer le Paludisme (Roll Back Malaria), Genève 2008.
2. Suite à l’utilisation selon les recommandations de l’OMS de moustiquaires imprégnées et de combinaison ACT , la mortalité due au paludisme au Rwanda a diminuée de 50% ces dernières années. L’OMS estime à 250 millions le nombre de moustiquaires qui devraient être distribuées en Afrique, tandis qu’actuellement, les fonds ne permettent d’en distribuer que 100 millions, malgré leur prix à la pièce de 5 euros.
3. Ces estimations chiffrées sont extraites du Plan d’action mondial contre le paludisme, les données sources sont en dollars, Plan d’action mondial contre le paludisme, Partenariat Faire reculer le Paludisme (Roll Back Malaria), Genève 2008
4. Stratton L., O’Neill M., Kruk M., Bell M., « The persistent problem of malaria : Addressing the fundamental causes of a global killer », Social Science and Medicine 67 (2008).
Posté le 24 avril 2009