RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO - Sud-Kivu
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO - Sud-Kivu
ÉLEMENTS CLEFS – 2010
Localisation
> Une base de coordination implantée à Bukavu.
> Trois bases opérationnelles : Baraka, Kilembwe et Uvira.
> Cinq zones de santé : Fizi, Hauts Plateaux d’Uvira, Kimbi Lulengue, Ruzizi et Lemera.
Bénéficiaires
> 137 780 personnes.
Équipe A.M.I.
> 8 personnels expatriés : un chef de mission, un assistant chef de mission, un coordinateur administratif et financier, un coordinateur médical, un coordinateur logistique, deux responsables de projet, un référent médical.
> 80 collaborateurs locaux (personnels médicaux, administratifs et en charge de la logistique).
Financeurs
> Office de l’Aide humanitaire et de la protection civile de la Commission européenne (ECHO), EuropeAid, Mairie de Paris, Pooled Fund (Nations Unies), M. et Mme Pierre Moussa.
CONTEXTE D’INTERVENTION
Entre 1996 et 2002, la République démocratique du Congo a été le théâtre d’un conflit régional durant lequel quatre millions de personnes ont trouvé la mort. Un processus de pacification a été amorcé à compter de 2003 et un gouvernement de transition a été mis en place. En 2006, l’organisation d’élections démocratiques libres, à l’issue desquelles un président et une assemblée nationale ont été élus, a permis une stabilisation de la situation politique et sécuritaire. Malgré les accords de Nairobi et de Goma en 2007 et 2008 et la mise en place d’un processus de démobilisation et de réinsertion des anciens combattants, de vives tensions perdurent, notamment aux Nord et Sud-Kivu.
Malgré la présence du contingent de casques bleus de la MONUSCO (Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), des combats ont repris fin 2008, opposants armée gouvernementale et mouvement rebelle du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP). Les déplacements de populations causés par ces affrontements se sont poursuivis en 2009 en parallèle de l’opération Kimia 2 menée par l’armée congolaise et les Casques bleus contre les FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda). Cela a engendré une importante militarisation de la province du Sud-Kivu et de nombreuses exactions envers la population civile (pillages, vols, viols, exécutions sommaires, etc.).
Le 1er janvier 2010, une nouvelle opération, baptisée "Amani Leo" ("La paix aujourd’hui", en swahili), a été lancée afin de libérer le territoire du contrôle des FDLR, de protéger les civils et de restaurer l’autorité de l’État. Face à la multiplication de signaux d’une possible reprise des hostilités à l’est de la RDC, le désengagement des casques bleus onusien a été annulé.
Á cette crise politique s’ajoute une crise sanitaire chronique due à l’enclavement des zones de santé et à la difficulté de s’approvisionner en médicaments. La situation est d’autant plus instable que la croissance économique est basse et la qualité des services est faible étant donné le manque de moyens financiers. Ce contexte a limité considérablement l’accès aux soins des populations particulièrement vulnérables.
HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION
La mission d’Aide Médicale Internationale au Sud-Kivu a débuté au mois de juillet 2001. Dans cette province de l’est du pays, où l’extension des activités s’est faite de façon graduelle, A.M.I. concourt désormais à la reconstruction du système de santé provincial. Implantées dans sept zones de santé, les équipes travaillaient initialement pour rétablir l’accès aux soins de santé primaires. Progressivement confrontées à la réalité sanitaire de la région, elles ont étendu leurs activités à des soins de santé de référence et spécifiques, comme la lutte contre le VIH/Sida et la prise en charge des victimes de violences sexuelles.
ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS
La mission a deux objectifs principaux :
> permettre l’accès des populations aux soins de santé primaires (SSP),
> améliorer l’accès aux soins de santé de référence ou spécifiques.
L’accent est mis sur le renforcement des capacités et des compétences locales. Une attention particulière est portée sur la maternité à moindre risque et la lutte contre la propagation du VIH/Sida.
- Améliorer l’accès des populations au « Paquet Minimum d’activités » et aux soins de santé secondaires
Afin de rendre possible l’accès aux soins de santé primaires et secondaires de qualité dans le Kimbi Lulenge et les Hauts Plateaux d’Uvira, A.M.I. soutient 25 centres de santé, 1 centre hospitalier et un hôpital général de référence. Cet appui porte notamment sur :
> l’amélioration de la qualité des soins grâce à la formation, la supervision et le compagnonnage du personnel sanitaire local,
> l’amélioration de la prise en charge médicale des femmes au travail et de la consultation préscolaire (CPS) après 1 an,
> l’appui d’urgence à la maternité à moindre risque,
> l’amélioration des services de santé génésique et sexuelle à travers la détection et la prise en charge des grossesses à risque,
> le développement des services destinés aux victimes de maltraitances et de viols.
Cet appui concerne surtout les soins de santé préventifs et curatifs primaires en proposant une prise en charge médicale (contraception d’urgence, dépistage du VIH, référencement des cas compliqués) et psychosociale des victimes de violences.
- Lutte contre la propagation du VIH/Sida
Dans les zones de santé des Hauts Plateaux d’Uvira, du Kimbi Lulenge et de Fizi, A.M.I. travaille en partenariat avec des centres de Prévention de la Transmission de la Mère à l’Enfant (PTME) et des Centres de Dépistage Volontaire (CDV), ainsi que des ONG et des structures sanitaires locales.
Activités principales : information et sensibilisation de la population sur les modes de contamination et les risques liés à la maladie ; soutien à l’accompagnement psychosocial des patients (assuré par des associations locales) ; appui aux centres de dépistage ; prise en charge médicale des personnes atteintes du VIH (y compris les femmes enceintes, suivies dans les centres PTME).
- Renforcement des capacités des acteurs locaux
Le renforcement des capacités des acteurs locaux (en termes de compétence et d’organisation) représente la condition indispensable pour leur autonomisation progressive. Cela constitue un volet essentiel du programme d’A.M.I. au Sud-Kivu. Afin d’atteindre cet objectif, les équipes mettent en place les activités suivantes :
> création de dispositifs de formation et de compagnonnage des Comités de Développement Sanitaire (CODESA), relais entre populations et structures de santé chargés de la gestion des centres de santé, du recensement des indigents, de l’éducation à la santé, etc.,
> renforcement des capacités et des moyens des autorités sanitaires (Bureau Central de Zone),
> mise en place d’un système de recouvrement partiel des coûts,
> appui des structures communautaires et de la société civile,
> renforcement du système national d’approvisionnement en médicaments et en matériels médicaux.
PERSPECTIVES
Les perspectives de la mission pour 2011 portent sur :
> la poursuite de la formation médicale des populations locales afin de capitaliser les savoir-faire et d’achever le processus d’autonomisation de l’ensemble des structures de santé,
> le développement des activités de santé sexuelles et génésiques.
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Posté le 11 décembre 2010
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