Myanmar : entretien avec Charlotte Berthier, responsable de projet dans la région autonome des WA
Myanmar : entretien avec Charlotte Berthier, responsable de projet dans la région autonome des WA
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Après une formation en Sciences Politiques et gestion de projets de développement, Charlotte Berthier entame sa vie professionnelle dans le domaine de l’humanitaire en tant que salariée au sein d’une ONG française qui soutient des partenaires locaux principalement en Amérique centrale et en Afrique, où Charlotte effectue des missions de courte durée. Ensuite, en novembre 2009, elle décide de se spécialiser dans le secteur de la santé et de partir avec Aide Médicale Internationale pour une mission de longue durée (13 mois) au Myanmar.
Sur quel projet s’est déroulée ta mission au Myanmar ?
« Je suis partie en mission en tant que responsable du projet de soutien sanitaire au sein de la Région autonome Wa, dans l’État Shan. Il s’agit d’un territoire très enclavé qui est contrôlé et gouverné par une armée indépendantiste. La population Wa est particulièrement vulnérable surtout en termes d’accès aux soins de santé. Durant ces deux dernières années, l’armée indépendantiste Wa a refusé d’être intégrée à l’armée birmane. En préparation des élections du 7 novembre 2010, le gouvernement birman a donc adopté une stratégie d’isolement qui a consisté en une fermeture des écoles, des hôpitaux et des centres de santé, ainsi que d’importantes restrictions d’accès à la zone. Dans le même temps, les contrats-cadre avec les organismes humanitaires présents dans la zone n’ont pas été renouvelés. »
Quelles étaient tes fonctions au sein de la mission ?
« En tant que responsable de projet (RDP), ma principale fonction était la gestion du projet dans la Région Wa. Je m’occupais, entre autres, de la mise en place des activités, de la coordination de l’équipe et de la gestion financière. Etant donné la complexité du contexte, je veillais à la sécurité du personnel et des équipements avec le coordinateur logistique. »
Quelles sont les activités développées par A.M.I. ?
« Trois cliniques mobiles ont été mises en place afin de se substituer aux structures sanitaires fermées. Cinq centres de santé A.M.I. sont restés ouverts. Ici les équipes travaillent afin d’assurer l’accès aux soins de santé primaires, en veillant tout particulièrement à la santé materno-infantile, et aux soins de santé secondaires ou spécifiques en assurant les référencements vers l’hôpital de Kengtung qui se trouve à l’extérieur de la Région Wa. Dans les villages, A.M.I. a créé un réseau d’une centaine de volontaires de santé et de seize comités de santé villageois. Cela permet d’assurer la présence de soins de santé primaires et materno-infantiles dans la zone, ainsi que d’organiser des sessions d’éducation à la santé afin de sensibiliser la population aux bonnes pratiques sanitaires. De plus, la formation et supervision des volontaires de santé par le personnel national permet de renforcer les capacités du réseau de santé communautaire.
Aujourd’hui, la présence d’A.M.I. dans la Région Wa est aléatoire. Une des priorités pour l’année 2011 est donc de renforcer l’organisation communautaire et de concevoir une stratégie de communication efficace afin de faire connaître les actions d’A.M.I. sur place. Il est aussi essentiel de renforcer et d’adapter le système de collecte des données et d’informations afin d’améliorer l’évaluation et le monitoring des activités. À partir de janvier, le poste de Responsable de Projet sera nationalisé.
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Posté le 7 février 2011
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