Myanmar : entretien avec Denis Broise, coordinateur administratif et financier
Myanmar : entretien avec Denis Broise, coordinateur administratif et financier
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Aide Médicale Internationale est arrivée pour la première fois au Myanmar, ex-Birmanie, en 1983 lorsqu’une équipe de deux médecins et d’une infirmière se sont rendus auprès des populations Karen pour créer un dispensaire et former des infirmiers. Aujourd’hui, les programmes d’A.M.I. sont déployés sur deux zones d’intervention, les banlieues de la Division de Yangon et la région WA dans l’État Shan. Les activités portent, entre autres, sur le rétablissement de l’accès aux soins de santé des populations, l’éducation à la santé mais aussi sur la prévention et le traitement des infections sexuellement transmissibles (IST), en particulier le VIH/Sida.
Denis Broise, ayant été formé en expertise comptable et commissariat aux comptes, vient d’achever sa mission au Myanmar en tant que coordinateur administratif et financier (CAF). Denis a découvert le travail des ONG lors d’une expérience professionnelle au sein d’un cabinet d’audit légal. Intéressé par le milieu humanitaire, il a décidé de postuler en tant que CAF pour une mission à l’étranger. Il est recruté par A.M.I. en 2010 et sa mission au Myanmar démarre en mars pour une période de neuf mois. Aujourd’hui, sa mission terminée, il nous présente les caractéristiques de son travail et nous donne ses impressions sur cette expérience.
« Pendant ces neuf mois, j’étais basé au bureau de coordination A.M.I. de Yangon et, à quelques reprises, j’ai eu la chance d’aller sur les bases opérationnelles pour pouvoir observer directement les activités des équipes. Mon rôle de CAF comprenait un important volet de gestion des ressources humaines. Avec mon équipe, je m’occupais à la fois du suivi administratif du personnel expatrié et national de la mission Myanmar, en portant une attention particulière à la politique salariale. En même temps, je devais monter les dossiers de demandes de déplacements auprès du gouvernement. Ces documents (TA - Travel Authorization), sont obligatoires et permettent de se déplacer dans des zones délicates comme la région Wa dans l’État Shan. Malheureusement, le ministère de tutelle du Myanmar ne nous en a jamais délivrés sur la durée de ma mission, obligeant notamment la responsable de projet Wa à travailler à distance depuis Yangon en ne communiquant avec son équipe que via internet et téléphone. En plus, j’étais chargé de faire les demandes de visas d’entrée au Myanmar pour les expatriés afin qu’ils puissent venir travailler dans le pays pendant la durée de leur contrat. Obtenir ce document n’était pas toujours simple et les temps d’attente étaient parfois très longs (environ 3 à 4 mois).
Un deuxième volet de mon travail était centré sur la gestion du protocole d’accord, ou « Memorandum of Understanding ». Il s’agit d’un accord entre A.M.I. et les ministères de tutelle qui autorise AMI à mener ses activités. Il sert à fixer un cadre d’intervention qui trace les grandes lignes des devoirs et engagements de chacun en vue de pouvoir mettre en œuvre nos activités. Le dernier volet de mon travail concernait tous les aspects financiers de la mission. La création de nouveaux budgets (en collaboration avec le chef de mission et les responsables de projet), le suivi des dépenses des différents budgets, ainsi que la rédaction des rapports aux bailleurs de fonds et la gestion du cash. Ce dernier point était assez lourd car, au Myanmar, les cartes bancaires, les chèques et les virements sont très peu utilisés et les administrateurs doivent jongler avec plusieurs monnaies : Kyat Birman, FEC (monnaie créée pour les étrangers), Dollar Américain, Yuan Chinois (monnaie utilisée chez les Wa) et aussi Baht Thaïlandais et, bien sûr, l’Euro.
Au-delà de mes engagements contractuels, cette mission au Myanmar a été pour moi une expérience merveilleuse et très enrichissante d’un point de vue aussi bien professionnel que culturel et humain. Ma plus grande surprise a été la grande facilité que j’ai eu à m’intégrer et à travailler avec le personnel national. Cette harmonie a favorisé la communication et l’échange conférant une meilleure fluidité dans la circulation de l’information. Je pense que, dans le milieu humanitaire où les conditions de travail sont parfois contraignantes, le fait de pouvoir entretenir de bonnes relations humaines est un aspect essentiel. Cela nous permet de mieux gérer le stress et les tensions.
De cette expérience je retiens aussi la bonne ambiance au sein de l’équipe et le travail reconnu des équipes médicales sur nos deux zones d’intervention. »
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Posté le 21 décembre 2010
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