HAÏTI - Port-au-Prince

HAÏTI - Port-au-Prince




ÉLÉMENTS CLEFS - 2010

Localisation
> Port-au-Prince

Bénéficiaires
> Programme enfants des rues : 500 enfants et 1 000 jeunes des rues
> Programmes consécutifs au tremblement de terre de janvier 2010 : 100 000 personnes

Équipe A.M.I.
> 7 expatriés : un chef de mission, un coordinateur administratif et financier, un coordinateur logistique, un coordinateur médical, un référent médical, un responsable du développement communautaire et un coordinateur de programme.
> 73 employés nationaux.

Financeurs Office d’Aide humanitaire et protection civile de la Commission européenne (ECHO), Agence Française de Développement, Fondation de France, Unicef, MINUSTAH, collectivités territoriales (mairie de Tarbes, mairie d’Ibos, Conseil général des Hautes Pyrénées), dons privés (sanofi aventis, Shering Plough, Merck, donateurs particuliers), A.M.I.


CONTEXTE D’INTERVENTION

Victime de décennies d’instabilité politique, de faillite économique, Haïti connaît une pauvreté chronique et un contexte sanitaire alarmant. Les désastres climatiques des premières années du 21e siècle (inondations en 2004, cyclones en 2008) ont avivé les tensions sociales (émeutes de la faim en avril 2008). Si la nomination de Michèle Pierre-Louis au poste de Premier ministre a permis de restaurer un peu de sérénité institutionnelle, et si la saison cyclonique n’aura pas été trop violente en 2009, les conditions de vie de la population n’ont pas positivement évolué. Avec une dette de près de 1 900 millions de dollars (2008), l’état haïtien ne répond pas aux besoins essentiels de la population, alors que 55 % des habitants vivent sous le seuil international de pauvreté (avec moins de 1,25 dollar par jour). La situation sanitaire traduit malheureusement cet état de fait : Haïti connaît les taux les plus élevés de l’hémisphère nord pour la mortalité infantile (54 décès pour 1 000 naissances, en 2008) et la mortalité maternelle (670 décès pour 100 000 naissances, en 2005) quand 42 % de la population n’a pas accès à l’eau potable.
Le 12 janvier 2010, un séisme de magnitude 7,2 a ravagé Haïti, faisant environ 222 000 victimes, plus de 300 000 blessés. Aujourd’hui, plus d’1,3 million de personnes se retrouvent dans une situation très précaire, et de nombreuses communautés vulnérables n’ont toujours pas reçu d’assistance suffisante.
Avec l’arrivée de la saison des pluies et des cyclones, il est fort probable que la vulnérabilité des populations affectées va augmenter très notablement, Port-Au-Prince étant devenu un environnement instable dans lequel vivent encore plus de 2 millions de personnes. La priorité est de mettre les communautés affectées à l’abri des risques climatiques et sanitaires auxquelles elles se trouvent désormais exposées.


HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION

Aide Médicale Internationale est présente en Haïti depuis 1984, début des activités de formation du personnel médical et de soutien à des structures de santé. Après des activités de formation de personnel médical (sur l’île de la Tortue puis dans la commune de Saint-Michel-de-l’Attalaye notamment), c’est en 2004 qu’A.M.I. met en oeuvre un nouveau programme à Port-au-Prince, à destination des enfants et jeunes en situation de rue, particulièrement stigmatisés et rejetés par la société. Dans la capitale haïtienne, les équipes travaillent depuis plus de cinq ans auprès de 500 enfants et 1 000 jeunes issus d’une vingtaine des 115 « bases » (lieux de vie ou de travail de jeunes, dont les noms font référence à leurs zones d’implantation) que compte Port-au-Prince.
À la suite du séisme de janvier 2010, la mission A.M.I. a été réorganisée afin de répondre aux nouveaux besoins sanitaires locaux.


ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS

- Projet médico-éducatif en faveur des enfants et jeunes des rues de Port-au-Prince (programme EJDR)
Les activités en cours depuis 2004 auprès des jeunes et des enfants des rues de la capitale haïtienne, qui combinaient un volet médical (via des équipes mobiles et un centre de santé fixe) et un volet psychosocial et éducatif, ont été réorganisées à la suite du séisme. Celui-ci, qui a entraîné une relocation massive des populations affectées dans les espaces auparavant occupés par les enfants et jeunes des rues ont davantage vulnérabilisé cette population.
Afin de maintenir la relation de confiance avec nos anciens bénéficiaires, notre clinique mobile a continué de se déplacer sur les anciennes « bases » afin de leur apporter des soins de santé primaires. Des équipes d’animateurs proposent des activités psychosociales de rue qui sensibilisent aux risques liés à la prostitution, la violence, la toxicomanie et à une sexualité non protégée. Aujourd’hui, l’enjeu majeur est d’évaluer l’évolution de la population des enfants et jeunes des rues de Port-Au-Prince, d’analyser leurs nouveaux besoins et les nouvelles possibilités de développer des partenariats afin de définir une stratégie de prise en charge adaptée et de réorienter les activités.

- Programme Santé à Martissant
Martissant est un quartier très démuni de Port-Au-Prince, où les conditions de vie déjà extrêmes (pauvreté, promiscuité, pollution, manque d’hygiène, sous-alimentation, etc.) et les carences du système de santé ont été exacerbées par le séisme. Déjà implantée dans ce quartier avant le tremblement de terre, A.M.I. a choisi de mettre en place un dispositif intégré composé de cliniques fixes et d’équipes mobiles afin de faciliter l’accès à des soins de santé primaires aux populations affectées. Au-delà de la première phase d’urgence, l’objectif est l’implantation pérenne de structures de santé de qualité.
Ce programme intègre également le dispositif SOG (soins obstétriques gratuits), initié à la fin de l’année 2009, et opérationnel depuis le printemps 2010. Dans une clinique obstétrique, du personnel local, formé et encadré par A.M.I., est à l’oeuvre, en lien avec les réseaux communautaires pour permettre aux femmes du quartier d’accoucher dans des conditions sanitaires acceptables.


PERSPECTIVES

Les équipes s’efforcent de travailler en suivant trois axes principaux :
> poursuivre l’adaptation du programme EJDR au nouveau contexte,
> consolider le programme SOG, opérationnel depuis le courant de cette année 2010,
> articuler les activités EJDR et santé Martissant (y compris les SOG) en assurant la meilleure complémentarité qui soit entre ces activités.
Enfin, l’équipe reste attentive aux besoins sanitaires locaux afin d’étendre, le cas échéant, son activité à d’autres domaines d’intervention.

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Posté le 11 novembre 2010