PMI en Haïti : une infirmière témoigne
PMI en Haïti : une infirmière témoigne
Infirmière AMI au sein de l’Unité des Comportements A Risque (UCAR) depuis début 2007. Dans le cadre de l’UCAR, Mythide JOSEPH travaille essentiellement sur les activités de Protection Maternelle et Infantile (PMI).
Dans un souci d’accès de soins de santé primaire pour les plus démunies, Aide Médicale Internationale compte pallier les problèmes de santé les plus urgents des enfants et jeunes des rues de Port-au-Prince. Afin de soutenir spécifiquement les jeunes filles des rues en âge de procréer et les enfants de 0 à 5 ans, AMI met en place des activités de Protection Materno-Infantile (PMI). Ainsi, les jeunes filles bénéficient d’un suivi médical de leur grossesse de façon systématique. De plus, les équipes d’AMI assurent des sensibilisations sur différents thèmes en vue de faciliter leur compréhension de la grossesse et de la maternité. Enfin, nous leur facilitons l’accès au programme de planification familiale et surveillons l’état nutritionnel, vaccinal et staturo-pondéral des enfants de 0 à 5 ans. Parallèlement, des activités de Petite Enfance apportent un soutien psychologique aux jeunes mamans.
Quelles sont tes fonctions dans le cadre des activités PMI ?
Dans le cadre de ce programme j’accompagne les filles de rues enceintes. Pendant la grossesse : je fais l’éducation des futures mères sur l’allaitement maternel. J’insiste sur l’hygiène et l’entretien de soi et de l’enfant à naître. Je mets un accent particulier sur la planification familial et ceci avant même l’accouchement sinon il est souvent trop tard. Je sensibilise constamment, sur la prévention des maladies sexuellement transmissibles. Je parle aussi de l’alimentation des enfants en fonction de leur développement. Afin de les convaincre de l’importance de la vaccination, j’aborde le sujet dès le début de grossesse. Puis, je les assiste à l’accouchement dans le souci d’une maternité sans risque et je suis toujours à leur coté jusqu’à la sortie de l’hôpital pour superviser la mise au sein immédiate. Enfin j’organise avec elle le suivi post natal dont la durée est fonction du déroulement de l’accouchement et des suites de couches.
Comment se passe une journée de travail ?
Une journée commence au bureau. Je prépare, avec le médecin responsable de l’unité les besoins journaliers : médicament, dossiers médicaux, argent, etc. en fonction des filles que nous allons rencontrer. Puis l’équipe se rend dans la rue ou dans un centre d’accueil pour rencontrer les filles à suivre en ce jour. En fonction du besoin, nous faisons des consultations, spécialisées ou non parfois des examens de laboratoire ou d’imagerie. Nous nous chargeons de jouer aux parents avisés et veillons à ce que tout se passe bien dans les différentes structures fréquentées par les jeunes filles. Puis nous veillons à la mise en route du traitement prescrit. Il faut s’assurer qu’elles aient bien intégré la posologie et la durée du traitement. Enfin, je donne les derniers conseils et consignes puis je prends rendez-vous pour la prochaine visite et nous retournons au bureau pour faire le bilan de la journée, les rapports et autres taches.
Jusqu’à quand accompagnes-tu ces jeunes mères ?
Je suis aux côtés de ces jeunes filles-mères jusqu’à ce que leur enfant ait un an puis le suivi devient moins intense. Nous continuons à donner des soins au besoin et on suit la croissance, l’état nutritionnel etc. Ces enfants font ensuite partie de nos bénéficiaires et ont accès au programme d’accompagnement médico-social d’AMI.
Comment les bénéficiaires voient elle le programme de PMI ?
Beaucoup d’entre elles sont satisfaites des services que nous rendons mais naturellement elles demandent beaucoup plus. Par exemple elles ne veulent pas que leurs enfants vivent dans la rue et réclament des logis, certaines veulent un micro financement pour créer le petit commerce…etc. Mais ce n’est pas le mandat d’AMI, nous essayons néanmoins de les orienter vers les structures adéquates.
Quel est ton mot de fin ?
Je dirai que le programme de PMI est très bénéfique pour la population cible mais reste tellement insuffisant. Il y de grandes joies avec les mères mais aussi de grandes frustrations.
Posté le 19 novembre 2007


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