Pakistan - Province du Sindh
Pakistan - Province du Sindh
ÉLEMENTS CLEFS – 2010/2011
Localisation
> Une base opérationnelle principale à Larkana.
> Deux zones d’intervention : district de Larkana, district de Qambar Shahdadkot.
Bénéficiaires
> 49 800 personnes.
Équipe A.M.I.
> 6 expatriés : 1 Coordinateur programme, 1 Coordinateur médical, 1 Référente médicale, 1 Chargée de promotion à l’hygiène et à la santé, 1 Administrateur, 1 Logisticien.
> 50 collaborateurs locaux (médicaux, logistiques, administratifs).
Financeurs
> OFDA (Office of U.S. Foreign Disaster Assistance), Fondation Schneider Electric, Fondation Sanofi Espoir.
CONTEXTE D’INTERVENTION
Le 26 juillet 2010, le Pakistan a été victime d’inondations d’une ampleur exceptionnelle. Après plusieurs semaines de pluies torrentielles qui se sont abattues sur le pays, le décompte des victimes a fait état de près de 1 800 morts. Une grands partie des habitations et des infrastructures ont été emportées et détruites par les violentes inondations. Ainsi, plus de 10 millions de personnes se sont retrouvées sans-abris et sans accès aux services essentiels. De nombreux camps de réfugiés se sont spontanément constitués afin d’accueillir un total de près de 21 millions de sinistrés.
Au regard des conditions d’hygiène particulièrement déplorables dans la plupart des camps de sans-abri, les risques épidémiques sont réels, tout comme la malnutrition, qui guette une partie importante de la population et notamment les enfants de moins de cinq ans. Le contexte sanitaire est alarmant car le pays est dépourvu de personnel médical qualifié en nombre suffisant pour permettre de répondre aux besoins les plus urgents. La carence en eau potable et le manque de dispositifs d’assainissement appropriés a davantage aggravé les conditions de vie dans les camps. Par ailleurs, il est également très difficile de garantir l’approvisionnement de médicaments et de mettre en place une veille épidémiologique. De plus, la saison hivernale a aggravé la vulnérabilité des populations qui vivent dans les camps, où les températures en-dessous de zéro degrés ont déclenché une forte augmentation des maladies respiratoires aigües (ARI). La gravité de la situation témoigne de la nécessité d’accentuer la réponse humanitaire en cette période de début de l’hiver et de miser sur la prévention des risques d’épidémies massives.
HISTORIQUE ET IMPLANTATION DE LA MISSION
En réponse aux inondations, du 16 août au 2 septembre 2010 les équipes d’Aide Médicale Internationale ont rapidement conduit une mission d’évaluation sur place dans la province du Sindh où plus d’un million de foyers ont été affectés par la catastrophe. L’évaluation a été conduite notamment dans les districts de Sukkur et de Larkana qui abritaient respectivement, près de 500 000 et 460 000 habitants avant les inondations. Au sein des nombreux camps qui se sont constitués, les besoins sont énormes tant en termes de soins de santé primaires que de lutte contre le choléra et la malnutrition. C’est dans ce contexte qu’un plan d’action opérationnel a été rapidement développé et mis en œuvre afin de répondre aux besoins de santé les plus urgents pour les sinistrés. Le nouveau programme d’A.M.I. a officiellement débuté en décembre 2010 dans la province du Sindh dans les districts de Larkana et Qambar Shahdadkot. Dès le début du projet, A.M.I s’est positionné comme un partenaire clé dans la réponse globale apportée par les organisations internationales et la mise en place d’un système de surveillance et d’alerte épidémiologique, sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).
ACTIVITÉS ET RÉALISATIONS
Dans ce contexte fortement instable, la réponse d’AM.I. aux inondations a pour objectif principal le secours médical immédiat aux sinistrés pour garantir l’accès à des services de santé efficaces afin de réduire la mortalité et la morbidité dans les camps. Pour cela, les équipes ont mis en place des activités de cliniques mobiles de soins de santé primaires, de dépistage et de traitement de la malnutrition modérée et sévère sans complication. Ces unités mobiles sont secondées d’équipes de promotion à l’hygiène sur les lieux de consultation. Par ailleurs, afin de renforcer les capacités du système de santé local, A.M.I. réalisera également des réhabilitations de certaines structures de santé dans la province du Sindh, une fois que celles-ci seront accessibles.
Aujourd’hui, les activités se portent notamment sur trois volets principaux : l’accès aux soins de santé primaires, le traitement de la malnutrition et la promotion à la santé et à l’hygiène.
Objectif principal du programme : contribuer à la réduction de la mortalité et de la morbidité des personnes affectées par les inondations.
- Accès aux soins de santé primaires
Trois cliniques mobiles sont actuellement opérationnelles et sillonnent les zones d’intervention afin d’apporter des soins de santé primaires de qualité aux populations touchées. Chaque clinique mobile réalise de nombreuses consultations par jour pour le traitement de la diarrhée, du paludisme et des maladies respiratoires infectieuses.
Les équipes travaillent également au renforcement du nombre et de la qualité des centres de santé, à la formation du personnel de santé local et à la mise en place de la veille épidémiologique.
- Traitement de la malnutrition
L’objectif global des activités relevant de ce sous-secteur est de gérer et de réhabiliter la malnutrition aiguë modérée, afin de prévenir la malnutrition aiguë sévère et de réduire le risque de morbidité et de mortalité dans les camps. Les populations ciblées sont notamment :
> les enfants de moins de 5 ans,
> les femmes enceintes et dans la phase de l’allaitement.
Les activités comprennent :
> un programme d’alimentation complémentaire,
> un programme de mobilisation de la communauté, de dépistage et de suivi,
> le renforcement des capacités des agents de santé et des bénévoles à la prévention et à la gestion de la malnutrition modérée et sévère,
> la surveillance de l’état nutritionnel chez les enfants de moins de cinq ans,
> des enquêtes nutritionnelles.
- Promotion à la santé et à l’hygiène
Les activités de promotion à la santé et à l’hygiène dans les camps mettent un accent particulier sur le personnel féminin afin de répondre aux exigences culturelles du contexte d’intervention. Les séances de sensibilisation et éducation à la santé sont organisées tout au long du programme selon quatre volets d’activités et répondent aux objectifs suivants :
> améliorer la gestion des problèmes diarrhéiques : apprendre à préparer une solution de réhydratation orale et à consommer correctement les boissons et les aliments,
> améliorer la connaissance des moyens de propagation des maladies et comment les prévenir,
> expliquer l’importance de se laver les mains et comment le faire de façon efficace,
> améliorer la connaissance des bonnes pratiques d’hygiène.
PERSPECTIVES
Les perspectives de la mission portent sur :
> l’amélioration continue de la qualité des soins via la mise en œuvre, la supervision, la formation et le compagnonnage,
> l’extension de la couverture sanitaire sur d’autres zones d’intervention afin de toucher une plus grande partie de la population,
> le renforcement des capacités des acteurs de santé locaux,
> l’organisation de séances de promotion à la santé et à l’hygiène dédiées notamment aux enfants.
PARTENARIAT
Étant donné la nature de la crise humanitaire sur cette zone, la mission est mise en œuvre dans le cadre d’un consortium opérationnel avec l’ONG Première Urgence. Les deux organisations apportent ensemble une réponse intégrée sur deux axes prioritaires, à savoir la santé, la nutrition et l’eau et assainissement. L’équipe P.U., regroupant 10 expatriés, est spécialisée dans les projets de WASH (assainissement et traitement de l’eau) et CCCM (Gestion et coordination de camps de déplacés).
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Posté le 31 janvier 2011
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