Haïti : participer au renforcement du dispositif global de soins

Haïti : participer au renforcement du dispositif global de soins


Maintenant que les opérations de sauvetage des personnes ensevelies sont terminées à Haïti et que, selon l’ONU, au moins 482 000 personnes ont déjà quitté Port-au-Prince pour les régions rurales, les équipes d’Aide Médicale Internationale restent mobilisées sur le terrain et continuent à sillonner les rues à l’aide de cliniques mobiles, pour venir en aide aux nombreux sinistrés en attente de soins quotidiens.

Dans la banlieue sud de Port-au-Prince, une première clinique mobile d’A.M.I. couvre les consultations générales liées aux soins de santé primaires. Le personnel médical doit notamment traiter de très nombreux cas de diarrhée, qui pourraient être liés au manque d’accès à l’eau potable ou d’évacuation des eaux usées, comme à l’exposition aux intempéries et au froid la nuit. Une partie du travail d’A.M.I. est ainsi consacré à la sensibilisation aux règles d’hygiène (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) estime que seulement 292 latrines ont été construites sur les 7 000 que la situation sanitaire exige). Dans le même temps, une deuxième équipe est chargée du suivi des interventions médicales en procurant les soins et les pansements nécessaires.
Les deux équipes parviennent actuellement à couvrir plusieurs zones amenées à s’étendre, et qui aujourd’hui comprennent Martissant, Fontamara 27, Deluy, Capois la Mort, La Belaire, Grande Ravine, Cité Charité, Madangano, Lakou Mango et Fort Mercredi.

Les équipes d’A.M.I. ont récemment bénéficié de l’envoi de nouveaux kits de médicaments et de matériel médical, dont certains ont été fournis par Promesse (OMS), permettant pour chaque unité de réaliser 1 000 consultations. Des kits Tulipe ont aussi été massivement envoyés, pour être partagés entre A.M.I. et la Chaîne de l’Espoir, en fonction des besoins spécifiques à chaque organisation.

Le travail des cliniques mobiles intervenant sur les sites d’hébergements spontanés constitue le premier échelon d’un système médical de réponse d’urgence, amené à être mis en place prochainement par le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP). Les autorités sanitaires comptent ainsi réquisitionner l’ensemble des cliniques toujours en état de fonctionner et disposant d’un personnel suffisamment large (nurse, médecin, laborantin, auxiliaire de santé), afin qu’elles puissent prendre en charge à n’importe quel moment les personnes référencées par les cliniques mobiles, notamment pour des accouchements. Quant aux hospitalisations durables et aux situations assorties de complications médicales, elles devraient normalement être assumées par des hôpitaux de référence qui constitueraient le dernier échelon de ce vaste dispositif de prise en charge des malades et blessés.

Dans ce cadre, les équipes d’A.M.I. ont déjà réalisé une évaluation des besoins et moyens à mettre en œuvre dans la clinique Saint-Michel, à Fontamara 27, près de Martissant. L’organisation pourrait y apporter un soutien technique et financier, après signature d’un partenariat avec le MSPP. À partir de ce centre de soins, il est par ailleurs envisagé que deux nouvelles cliniques mobiles soient rendues opérationnelles pour couvrir les besoins de 5 sites de santé communautaire déjà existants, auxquels viendraient s’ajouter 5 autres sites afin d’assurer la couverture la plus homogène possible de la zone.
Posté le 5 février 2010