RDC : ouverture d’une mission dans la province de l’Équateur
RDC : ouverture d’une mission dans la province de l’Équateur
Mots-clés (tous les mots-clés)
Depuis 2001, Aide Médicale Internationale (A.M.I.) intervient au Sud-Kivu, une province de la République démocratique du Congo (RDC). Face aux nombreux besoins encore non couverts en matière d’accès aux soins de santé primaires dans le pays, A.M.I. ouvre un programme dans la province de l’Équateur, au nord-ouest de la RDC.
Arnaud Tonnellier, responsable du développement opérationnel, est à l’origine de ce projet. Depuis février 2010, il réalise une veille sur la situation humanitaire du district du Sud-Ubangi (Équateur). Du 16 mars au 7 avril, suite aux alertes émanant d’autres acteurs humanitaires, il s’est rendu sur place. Accompagné d’Eric Assani, adjoint au coordinateur médical de la mission au Sud-Kivu, ils ont identifié les besoins et les zones d’intervention les plus pertinents.
Quel est le contexte actuel en Équateur ?
En 2009, de violents affrontements ont éclaté dans la localité de Dongo entre deux ethnies, les Boba et les Lobala. Un désaccord quant à la propriété d’étangs poissonneux, source de revenus indispensable dans un contexte de crise économique, est à l’origine de ce conflit. Le bilan de ces affrontements est lourd. On compte plusieurs centaines de morts, plus de 200 000 réfugiés au Congo Brazzaville et en République centrafricaine et des dizaines de milliers de déplacés dans les localités environnantes.
Début 2010, même si le contexte sécuritaire tend à se stabiliser, de nombreux problèmes humanitaires corollaires au conflit suscitent l’inquiétude de la communauté internationale. Le système de santé, déjà fragile avant le conflit, s’est considérablement dégradé. Les infrastructures sanitaires sont dépouillées et détruites, et l’accès aux médicaments et au matériel médical est impossible. Le manque d’eau potable et l’absence de personnel soignant entraînent la recrudescence de certaines maladies (paludisme, diarrhées, etc.). Les centres de santé n’ont pas les moyens de répondre à l’urgence actuelle et la population doit faire face à des conditions de vie très difficiles.
Avez-vous identifié le lieu d’intervention d’A.M.I. ?
A.M.I. interviendra dans la zone de santé de Bokonzi, localité du territoire de Kungu dans le district du Sud-Ubangi. Cette zone a été la plus touchée par les conflits. Elle compte environ 170 000 personnes et 16 aires de santé. L’acheminement de l’aide y est rendu très difficile du fait de son enclavement et du mauvais état des routes. Avec une saison des pluies qui s’étend sur la moitié de l’année, celles-ci sont transformées en mares d’eaux sablonneuses et boueuses.
Quelles sont les activités qu’A.M.I. souhaite mettre en place sur cette zone et comment les avez-vous définies ?
Le choix du lieu d’intervention ainsi que des modes d’action découlent de longues concertations avec les autorités sanitaires locales, les personnels des centres de santé et les leaders communautaires et religieux.
A.M.I. viendra en appui à neuf aires de santé, soit 50 000 bénéficiaires directs de ses actions. L’objectif est de renforcer le système de santé existant, sans se substituer à lui, afin de répondre au mieux aux besoins de la population en termes d’accès aux soins de santé primaires. L’intervention d’A.M.I. inclura la réhabilitation de structures de santé, l’approvisionnement en matériel médical et en médicaments et le renforcement des capacités locales par la formation et la supervision du personnel de santé. Si certaines ONG sont venues en aide aux réfugiés et aux déplacés, rien n’a été mis en place pour permettre aux structures sanitaires de la zone de santé de Bokonzi de répondre aux besoins des personnes retournées ou résidentes.
Quelles sont les prochaines étapes avant le démarrage du programme ?
L’ouverture d’une mission nécessite un long travail en amont. Du 6 au 23 juillet prochain, je me rendrai sur place accompagné d’une première équipe composée de deux personnes afin d’organiser et de planifier la mise en œuvre des activités aux niveaux logistique et administratif (transport, communication, habitation, etc.). Il s’agira également d’approfondir les contacts avec les autorités locales, les partenaires de santé, les intervenants nationaux et internationaux de la zone afin d’assurer la coordination de nos activités. Il est essentiel d’établir des contacts fiables afin d’assurer une transmission rapide et efficace des informations liées à la sécurité. Si aujourd’hui la situation semble s’être apaisée sur la majeure partie du secteur, des mouvements insurrectionnels peuvent éclater à tout moment. Aussi, il faut réévaluer les contraintes liées au terrain, trouver des solutions pour les gérer et faire les ajustements nécessaires.
En parallèle, la diffusion de l’information sur la mise en place de ce programme auprès des populations concernées sera amorcée. Pour cela, nous favoriserons l’implication et la mobilisation des acteurs communautaires.
Quel est l’objectif de votre partenariat avec Première Urgence ?
En effet, cette mission sera mise en œuvre dans le cadre d’un consortium opérationnel avec l’organisation humanitaire Première Urgence (PU). Pour ces derniers, il s’agit d’intervenir dans le domaine de la sécurité alimentaire par la distribution d’intrants agricoles (semences et outils) afin de relancer l’activité économique et éviter que les conflits ne ressurgissent. A.M.I. souhaite apporter un appui aux structures médicales et au personnel de santé. Étant donné la crise humanitaire sur cette zone, nous avons la volonté d’apporter, ensemble, une réponse sur deux axes prioritaires, à savoir la santé et la relance agricole.
_*******
Posté le 2 juillet 2010
Français
English