Soudan- Isabelle de Fontenay, infirmière

Soudan- Isabelle de Fontenay, infirmière

« Je suis arrivée à Nyala, la capitale du Sud Darfour et par ailleurs ma base, en ce début de mois de février. Une petite équipe de volontaires déjà présents m’attendaient.

Durant cette mission, je me suis déplacée plusieurs fois pour des raisons de sécurité. J’ai pu travailler dans un petit centre de santé au nord de Nyala : Korabacha, zone rebelle, qui fut attaqué par les jenjaweeds en avril ; ensuite dans une zone plutôt gouvernementale, Shaeria, où nous étions basés et enfin, depuis le mois de mai, nous travaillons dans la zone sud de Nyala : Ed El Fursan, zone gouvernementale, relativement calme.

Sur ce secteur, nous n’avons pas de centre de santé, mais nous nous déplaçons dans les villages avec tout le matériel nécessaire : bassine, chaises pliantes, tables pliantes…, tout les médicaments et injectables nécessaires, que nous disposons dans de solides caisses en bois, et surtout notre staff local…sans qui nous ne pourrions rien faire….C’est le principe de base d’une clinique mobile : la population ne se déplace pas pour avoir des soins , mais c’est la structure de santé qui se déplace vers la population.

Les villages nous fournissent un emplacement pour nous installer, soit une habitation non habitée qu’ils réhabilitent, soit nous demandons au Cheikh de nous construire quelque chose.

Chaque jour, nous quittons la base vers 8 heures (avant il est impossible de partir à cause du couvre feu) avec tout une équipe : un médecin, un infirmier, une sage femme, un enregistreur et un screener, un pharmacien et un vaccinateur. La veille de notre mobile, nous chargeons nos voitures de tout le matériel nécessaire, de jerricans d’eau, et nous refaisons le stock de nos médicaments et injectables.

Arrivé sur place, chacun s’installe. La population nous attend : d’un coté les hommes et de l’autre les femmes plus nombreuses avec 3 ou 4 ou 5 enfants… Dans un premier temps, les expatriés effectuent un triage afin de vérifier qui a besoin de voir réellement le médecin et avec quel degré d’urgence surtout (il est impossible de demander au staff local de faire le triage car il leur est difficile de refuser quelqu’un…) .nous distribuons des cartes de différentes couleurs afin de les diriger dans le secteur qui leur convient. Dans un deuxième temps, les patients sont enregistrés par une équipe qui se chargent de prendre les renseignements civils, de noter la température, le poids et la taille sur la feuille de consultation. Une fois l’enregistrement effectué, ils se dirigent dans les différentes salles d’attentes : du médecin, de la sage-femme ou des infirmiers, dans le cas de pansements, de perfusions ou d’examens sanguins ou urinaires. Après la consultation, le patient va chercher ses médicaments, gratuitement, auprès du pharmacien qui lui explique dans un même temps la posologie.

Si lors du triage nous rencontrons plusieurs fois la même pathologie, nous faisons appel à notre éducateur sanitaire qui va les prendre en charge afin de leur donner un information sur la maladie et surtout de leur donner des conseils et des moyens concrets de se soigner et de l’éviter à nouveau. Plusieurs exemples : le goitre, les plaies, la diarrhée…

Cette clinique mobile ne serait pas complète sans la vaccination. Nous essayons d’augmenter la couverture vaccinale des différents villages visités grâce à une étroite collaboration avec le Ministère de la santé et EPI.

La journée est ponctuée par des va-et-vient : visites à domicile de patients, transport d’un patient de son domicile à la clinique, visites des jeunes accouchées….et quelque fois de références en urgence …

Voilà une journée type d’une de nos cliniques mobiles au Sud-Darfour. »

Posté le 4 mai 2007