Territoire Palestinien : Accompagner les femmes pour qu’elles retrouvent autonomie et confiance en elles

Territoire Palestinien : Accompagner les femmes pour qu’elles retrouvent autonomie et confiance en elles

Présent sur le Territoire Palestinien Occupé depuis 2002, Première Urgence - Aide Médicale Internationale (PU-AMI) vient en aide aux familles vivant en dessous du seuil de pauvreté en finançant des emplois, en améliorant les services communautaires, en réparant les infrastructures villageoises détruites ou endommagées - réseaux d’eau ou écoles.

Au début de l’année 2011, PU-AMI a donné la priorité aux femmes en développant une activité pilote en Cisjordanie : rémunérer des femmes en échange d’une action sociale. En plus d’offrir un revenu à ces femmes sans emploi, ce projet a pour objectif de leur redonner confiance en elles et de faciliter leur intégration dans la communauté. Dans certains villages, les tensions liées à la construction du Mur de Séparation, aux colonies israéliennes et le poids des traditions ne permettent pas aux femmes de s’épanouir financièrement et socialement.

Ce projet-pilote a été mené entre début Janvier et fin Février avec 94 femmes, identifiées comme particulièrement vulnérables. Fareda est l’une d’entre elles. Elle témoigne.

Fareda Ibrahem Abu Taha, 53 ans, vit avec ses 5 enfants dans le village de Kafr ad Dik, dans le district de Salfit. Tous les jours, pendant près de 6 semaines, avec 8 autres femmes de son village, elle a préparé à manger pour les enfants de l’école et travaillé dans le potager de l’établissement.

Avec d’autres femmes du village, Fareda prépare à manger pour les enfants de l’école.

« Je vis avec mes filles, qui étudient à l’université. Nous vivons tous dans la maison de mon aînée et son mari. Parfois je me sens comme un poids pour mes filles parce que je n’ai pas de travail et que je ne peux pas participer aux dépenses de la maison. Mais je n’ai pas non plus les moyens de louer ma propre maison. Du coup, je passe la majorité de mon temps à m’occuper des tâches ménagères. Je sors très rarement. Je ne vois des gens, des voisins ou de la famille que s’ils viennent nous rendre visite. Je n’ai aucune vie sociale.

Mais travailler avec d’autres femmes du village et gagner un revenu a changé ma vie. Cela m’a d’abord permis de passer la journée en dehors de la maison, de m’ouvrir au monde qui m’entoure. J’ai aussi rencontré des femmes que je ne connaissais pas avant. Elles ont été d’un grand soutien. Nous avons beaucoup bavardé, partagé et je pense que grâce à elles je suis plus ouverte d’esprit. D’ailleurs ça me permet de mieux comprendre mes filles, leurs envies. Je suis plus positive.Sur le côté économique, grâce à mon salaire, je peux contribuer un peu au budget familial. J’ai un rôle plus important dans le foyer. Participer à ce projet de Première Urgence - Aide Médicale Internationale a vraiment changé ma vie de tous les jours. »

Les femmes ayant participé à ce projet se sentent toutes plus en confiance depuis. Elles nous ont aussi indiqué que leur famille et leurs amis avaient remarqué un changement positif chez elles : plus sociables, plus responsables et actives. 75% ont pu mettre de l’argent de côté, d’autres ont amélioré leur régime alimentaire ou remboursé leurs dettes.

Vu les résultats encourageants de ce projet-pilote, PU-AMI va renouveler l’expérience cette année dans d’autres villages de Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Pour en savoir plus sur les programmes de PU-AMI en Territoire Palestinien :
Bande de Gaza : http://premiere-urgence.org/index.p…
Cisjordanie : http://premiere-urgence.org/index.p…

Posté le 5 mai 2011