Afghanistan : le remote, une gestion dynamique de la sécurité au service des activités
Afghanistan : le remote, une gestion dynamique de la sécurité au service des activités
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Certaines circonstances sécuritaires peuvent amener des ONG à décider de relocaliser dans un pays tiers les équipes expatriées travaillant sur un programme. Confrontée à un contexte de travail peu sûr, Aide Médicale Internationale (comme d’autres organisations) a décidé, en novembre 2008, de relocaliser ses équipes expatriées de la mission Afghanistan dans un pays tiers (NB : l’équipe expatriée d’A.M.I. est revenue sur le territoire afghan depuis lors). Depuis trois mois maintenant, grâce à l’implication forte des personnels afghans d’A.M.I. investis sur ses trois programmes (restructuration du système de santé des provinces du Laghman, de la Kunar et de Samangan dans le cadre du programme afghan de soins de santé primaire (BPHS) ; appui aux pharmacies et laboratoires des centres hospitalo-universitaires de Maïwand et Ali Abad à Kaboul et édition et distribution du magazine de formation médicale continue Salamati) l’équipe expatriée poursuit les activités en « mode remote ». Opérant des allers-retours entre Kaboul et leur base de remote, les membres de l’équipe expatriée se sont adaptés à une nouvelle organisation, heureusement préparée par les méthodes de travail mises en œuvre durant les mois qui ont précédé. Cette gestion dynamique de la sécurité des équipes a ainsi été mise au service de la poursuite des activités.
Pour Mabrouka M’Barek, qui a assuré une mission courte pour réaliser les premières démarches d’ouverture de cette mission relocalisée, « le remote est un challenge intéressant […] qui entraîne un engagement fort de la part de l’ensemble des personnels mobilisés et la mise en place de nouveaux flux d’échanges d’informations entre les différentes personnes ressources ». Alors que l’équipe afghane est géographiquement éloignée de l’équipe expatriée, ce qui a d’emblée paru indispensable à Mabrouka est « le recours systématique à des échanges réguliers entre les uns et les autres, des appels téléphoniques, des mails, etc. pour maintenir une relation continue écartant toute zone d’ombre ou d’incompréhension ». Pour faciliter les collaborations, il est souvent important de rencontrer ses interlocuteurs et si cela n’est pas toujours possible entre équipes afghane et expatriée, « les échanges se font réguliers, intenses entre les uns et les autres, chacun éprouvant ainsi la réalité de l’appartenance à une même équipe, bien que géographiquement dispersée… un peu comme un siège d’ONG et ses différentes missions sur le terrain » remarque Mabrouka.
En plus de la nécessaire rigueur qui doit accompagner la mise en place des procédures, le remote a ceci d’intéressant « qu’il induit une cohésion renforcée entre les membres de l’équipe » estime-t-elle. En effet, alors que quelques allers-retours jusqu’à la capitale afghane sont possibles, tous (responsable du programme laboratoires, responsable du Salamati ou chargé du programme BPHS) ne peuvent s’y rendre en même temps et cherchent ainsi à « harmoniser, à coordonner les interventions des uns et des autres ». Cela génère « beaucoup d’échanges entre les membres de l’équipe expatriée et renforce spontanément la cohésion de l’équipe, chacun adaptant ses pratiques et son style de travail à ce contexte. Si celui-ci n’est pas idéal, tous cherchent à en tirer le meilleur parti ». Mabrouka retient notamment de ses deux mois de mission que « travailler en remote demande de la finesse d’esprit, de l’intelligence car poursuivre les activités en étant éloigné du terrain exige d’être créatif, de développer de nouveaux outils de travail afin d’être toujours proactif, d’anticiper, d’aller chercher l’information avant qu’une question soit soulevée ou un problème survienne », ce que les nouveaux process de travail mis en place par l’équipe contribuent à faire.
Cela étant, « il faut garder à l’esprit que l’expérience actuelle de remote d’Aide Médicale Internationale n’est pas généralisable, transposable à toute ONG dans tout pays, relève Mabrouka, […] je ne prétends pas que le remote tel que nous le mettons en œuvre est adapté à toutes les situations, tous les types de programmes. Notre méthode de travail fonctionne notamment grâce à la maturité de la mission, à l’expérience et l’investissement fort des équipes locales. D’une certaine façon, alors que la décision d’A.M.I. de relocaliser l’équipe expatriée a été dictée par des contraintes extérieures, elle nous permet de mesurer que la démarche de notre organisation, qui est de renforcer les capacités et l’autonomie des équipes locales est efficace. Certes, la contribution d’A.M.I. et de ses équipes expatriées reste nécessaire, et nous restons fortement engagés, de façon pérenne, aux côtés des équipes afghanes, mais nous constatons que les savoirs et savoir-faire qui leur ont été transmis ont été bien intégrés aux nouvelles pratiques ». Cette réalité, dans un contexte difficile, est un profond motif de satisfaction, puisqu’elle permet le maintien des programmes au niveau de qualité que la situation sanitaire des bénéficiaires afghans requiert.
Posté le 19 février 2009
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