VIH/Sida : Au moins 50 000 patients birmans privés de traitement faute d’argent
VIH/Sida : Au moins 50 000 patients birmans privés de traitement faute d’argent
COMMUNIQUE DE PRESSE 29 novembre 2011
Alors que l’épidémie fait de plus en plus de victimes chaque année en Birmanie, les financements ne suffisent plus à fournir des traitements antirétroviraux à tous les patients éligibles. Une situation plus que préoccupante qui met en péril de nombreuses vies à court terme et offre peu de perspectives de voir l’épidémie se résorber à long terme.
Depuis 2003, Première Urgence – Aide Médicale Internationale (PU-AMI) intervient en Birmanie pour prévenir et prendre en charge les personnes séropositives dans les banlieues défavorisées de Yangon. « Malgré tous les efforts fournis par PU-AMI dans cette région, et par d’autres associations dans le reste du pays, beaucoup de défis sont à relever. La principale difficulté pour les ONG est le manque de financement pour acheter des traitements par antirétroviraux », nous explique Delphine Defrade, chef de mission pour Première Urgence – Aide Médicale Internationale en Birmanie.
Aujourd’hui, selon les chiffres officiels, on estime qu’au minimum 240 000 personnes sont porteuses du VIH/Sida en Birmanie, soit l’équivalent de la population de la ville de Bordeaux. Sur ces 240 000 personnes, au moins 80 000 devraient pouvoir bénéficier d’un traitement antirétroviral [1] et ce chiffre ne fait qu’augmenter mois après mois. On estime qu’il atteindra plus de 100 000 en 2015. Malheureusement seulement 30 000 personnes séropositives sont effectivement sous traitement.
Cette situation s’explique principalement par la baisse année après année des fonds disponibles pour lutter contre le VIH/Sida. Récemment, le Fonds Mondial de lutte contre le Sida, la Tuberculose et le Paludisme a annoncé qu’il supprimait son prochain cycle de financement. Or ce bailleur de fond est un des principaux financeurs de la lutte contre le VIH/Sida en Birmanie et dans le monde. Une situation de crise qui devrait très fortement aggraver la santé des populations birmanes.
« PU-AMI et les autres associations n’ont pas la capacité de prendre en charge tous les séropositifs. Autrement dit, la liste d’attente des patients aptes à prendre des antirétroviraux s’allonge plus vite que la liste des patients traités. Or plus on tarde à fournir le traitement au patient, plus ses chances de survie diminuent
», conclut Delphine.
Contact Presse : Annabel Hervieu ahervieu@pu-ami.org / 01.55.66.99.64 (ou 06.60.75.40.55 en cas d’urgence)
Note aux rédactions : • PU-AMI met en place des activités de prévention et de prise en charge du VIH/Sida dans 3 districts défavorisés proches de Yangon. Les actions de prévention et d’éducation à la santé sont réalisées par des membres de nos équipes mais aussi par les membres des différentes communautés à risque. Des centres accueillent aussi les séropositifs pour leur offrir un espace de repos, d’écoute et de sensibilisation. En parallèle, PU-AMI dispose de 3 cliniques qui offrent le test anonyme et gratuit, les soins pour les patients séropositifs, le traitement par antirétroviraux, des actions de prévention pour limiter le risque de transmission de la mère à l’enfant ainsi qu’un soutien psychosocial et alimentaire. Aujourd’hui PU-AMI prend en charge environ 900 patients dont 520 sont sous traitement par antirétroviraux. • Dans les zones où travaillent plus particulièrement les équipes de PU-AMI, les évaluations menées l’année dernière montrent que 10 % de la population qui a consulté nos centres de santé était atteinte du VIH/Sida. Un chiffre plus qu’alarmant.
[1] Les patients séropositifs deviennent éligibles à un traitement antirétroviral en fonction du stade de la maladie, ce qui explique que seul 80 000 sur 240 000 devraient bénéficier de ce traitement en Birmanie.
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