Yémen : entretien avec Alexandre Schwall, administrateur d’Aide Médicale Internationale

Yémen : entretien avec Alexandre Schwall, administrateur d’Aide Médicale Internationale


Après un Master en gestion des situations de crise, Alexandre Schwall rejoint l’équipe d’Aide Médicale Internationale au siège en 2009. En tant que stagiaire, il travaille au desk sur les missions en Afghanistan, au Soudan et en Haïti. Un an après, Alexandre accepte de partir en mission au Yémen pour six mois en tant qu’administrateur. A.M.I. s’est rendue au Yémen pour la première fois en 2006, suite à une mission exploratoire, où l’équipe avait identifié des difficultés socio-économiques et sanitaires fortes dans le gouvernorat d’Hodeidah. Alexandre a travaillé au sein de la base opérationnelle qu’A.M.I. a implanté en 2007 à Hodeidah avec le soutien financier du Ministère français des Affaires Etrangères et EuropeAid.


Aide Médicale Internationale a implanté sa mission au Yémen dans le but d’améliorer l’accès aux soins de santé primaires de la population. Aujourd’hui, quel genre d’activités conduisent les équipes sur le terrain ?

« Les activités d’A.M.I. se déroulent dans le gouvernorat d’Hodeidah sur deux zones d’interventions, l’une en milieu rural et l’autre en milieu urbain. La première zone est le district d’Al Hali, où les équipes travaillent principalement sur la santé reproductive afin de réduire le taux de mortalité maternelle et celui des enfants de moins de cinq ans. La deuxième zone est le district d’Al Marawa, où la lutte contre l’insécurité alimentaire représente le volet principal de la mission. Tous les programmes ont pour objectif de rendre les soins de santé primaires accessibles à tous les habitants de la zone. C’est pourquoi A.M.I. s’est engagée à délivrer des soins directs et à renforcer la coopération avec le Ministère de la santé yéménite. Il s’agit d’un travail de supervision et de formation du personnel de santé.

Séance de formation médicale des femmes

Dans les centres de santé, le staff est supervisé par les médecins et les sages-femmes yéménites qui font partie de l’équipe d’A.M.I. Ces derniers sont eux-mêmes supervisés par le référent médical expatrié. Dans la zone d’Al Marawa, A.M.I. a mis un place un système de cliniques mobiles qui sillonnent le district afin d’assurer des soins de santé primaires aux populations les plus isolées. »

File d’attente devant une clinique mobile d’A.M.I.

Pendant les six mois que vous avez passés à Hodeidah, êtes-vous allé voir les projets d’Al Hali et d’Al Marawa ?

« L’un des aspects positifs du travail sur une mission de petite taille est la proximité avec le terrain. J’avais un contact direct avec les équipes qui travaillent sur les deux zones d’intervention, une opportunité unique qui nous a permis d’améliorer la cohésion et la communication entre la base opérationnelle et les projets. Cette proximité était pour moi l’occasion de se connaître et de se faire confiance mutuellement. Ces bons rapports m’ont également aidé à mieux réaliser mon travail et à mieux comprendre le contexte yéménite. En tant qu’administrateur, mon rôle comprenait aussi la gestion administrative quotidienne des ressources humaines, nationales et expatriées, de toutes les zones d’intervention. De plus, je m’occupais de la gestion financière à travers le suivi budgétaire et la comptabilité. Pendant mon séjour au Yémen, je me suis fait une idée plus précise de la situation du pays. En effet, la forte croissance démographique n’est pas soutenue par une croissance économique égale, ce qui entraîne une dangereuse augmentation du chômage. La situation est aggravée par un contexte sécuritaire et économique instable qui offre un terrain fertile pour l’augmentation d’activités liées au terrorisme. En effet, les tensions politiques qui ont succédé aux activités sécessionnistes au Sud du pays en 2009, sont exacerbées aujourd’hui par l’opposition entre les groupes Houthi et les forces gouvernementales au Nord. Cela provoque d’importants mouvements de populations vers les camps de réfugiés qui se retrouvent ainsi surpeuplés. »

Quelques semaines avant la fin de sa mission au Yémen, Alexandre Schwall a commencé à former l’assistant logistique à son poste d’administrateur afin de garantir la continuité de la mission après son départ.

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Posté le 14 février 2011